30Dans un contexte sahélien marqué par des fragilités économiques et sociales persistantes, le directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), Gilbert F. Houngbo, multiplie les initiatives pour remettre la question de l’emploi des jeunes au cœur des priorités régionales.
Ses récentes visites au Mali et au Burkina Faso s’inscrivent dans cette dynamique, traduisant une volonté affirmée de renforcer les partenariats et de promouvoir des réponses concrètes face aux défis structurels de la région.
À Bamako, les échanges avec le Premier ministre Abdoulaye Maïga ont permis d’aborder des enjeux majeurs tels que l’insertion professionnelle des jeunes, le renforcement du dialogue social et l’amélioration des mécanismes de protection sociale.
Dans un pays où le secteur informel domine largement l’économie, la question de l’emploi ne peut être dissociée de celle de la structuration du tissu économique. Plus de neuf emplois sur dix relèvent en effet de l’informel, ce qui limite l’accès à des conditions de travail décentes et à une protection sociale effective.
Face à cette réalité, l’OIT mise sur des approches pragmatiques, notamment le développement de projets à forte intensité de main-d’œuvre. Ces initiatives permettent non seulement de générer rapidement des emplois, mais aussi de contribuer à la réalisation d’infrastructures essentielles au développement local.
À Ouagadougou, la rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a confirmé la volonté partagée de faire de l’emploi des jeunes un axe stratégique.
Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires et économiques, la création d’opportunités pour la jeunesse apparaît comme un facteur déterminant pour renforcer la cohésion sociale et prévenir les tensions. Au-delà de ces étapes nationales, la démarche de Gilbert Houngbo s’inscrit dans une perspective plus large : celle d’une coopération régionale renforcée pour répondre aux enjeux du Sahel.
L’emploi des jeunes y est envisagé non seulement comme une nécessité économique, mais aussi comme un instrument de stabilisation durable. En favorisant l’insertion professionnelle, en soutenant le dialogue social et en encourageant des politiques inclusives, l’OIT entend contribuer à bâtir des sociétés plus résilientes.
Alors que la région continue de faire face à de multiples crises, l’accent mis sur l’emploi apparaît comme un levier stratégique incontournable. La mobilisation de l’OIT, sous l’impulsion de son directeur général, illustre une prise de conscience accrue : sans perspectives économiques pour sa jeunesse, le Sahel peine à envisager un avenir stable et prospère.
