À une trentaine de kilomètres au nord de Lomé, Tsévié a revêtu ses plus beaux atours. Depuis plusieurs jours, le chef-lieu de la préfecture du Zio vibre au rythme frénétique d’Ayiza, la grande fête traditionnelle de la moisson du haricot. Pour cette 54ᵉ édition, un leitmotiv est sur toutes les lèvres : « Ensemble pour un Zio inclusif et fort ». Un thème en forme de profession de foi, scellant la fédération de toutes les énergies préfectorales autour d’une même ambition de cohésion et de progrès.
Bien plus qu’une simple fête de retrouvailles, Ayiza s’impose comme le sanctuaire vivant de la mémoire collective du peuple Éwé du Zio. Cette célébration puise sa force symbolique dans l’épopée fondatrice de l’exode depuis Notsé et l’installation des ancêtres sur ces terres généreuses où le haricot (Ayi en langue locale) sauva jadis la communauté de la disette. Aujourd’hui, l’événement s’affirme comme le creuset incontournable des retrouvailles entre les enfants du terroir et la diaspora, constituant à la fois un puissant ciment intergénérationnel et la matrice fondamentale de l’identité culturelle Éwé.
Un pèlerinage mémoriel et spirituel amorcé le 5 août
Les festivités ont atteint leur point de croisière le mercredi 5 août avec une double démarche alliant citoyenneté et spiritualité. Après une campagne de sensibilisation à la sécurité routière tôt dans la matinée, les gardiens du temple et dignitaires de la tradition ont ouvert la Journée des cultes traditionnels, invoquant la bénédiction des aïeux pour la prospérité du Zio.
Ce jeudi 6 août a été marqué par l’un des rites les plus poignants de la fête : le « Retour à Ayipapé ». Ce pèlerinage sur le site originel d’implantation du haricot réaffirme le cordon ombilical reliant les générations actuelles à leurs racines ancestrales.
Vendredi 07 août : élégance, grâce et tempête musicale pour la soirée « Ayiza Tugbewofia »
Le point d’orgue de ce week-end festif s’ouvre ce vendredi 7 août. Après les jeux traditionnels du matin et la prière musulmane de mi-journée, tous les regards vont se tourner vers la Maison des Jeunes et de la Femme de Tsévié qui accueille, dès 19 heures, la prestigieuse soirée d’élection de la reine de beauté : « Ayiza Tugbewofia 2026 ».
Placée sous le thème de cette édition : « Ensemble, pour un Zio inclusif et fort », cette compétition célébrera la grâce, l’intelligence et la maîtrise des valeurs culturelles Éwé par la jeune femme de Zio.
Un plateau artistique exceptionnel
Pour accompagner le couronnement de la Reine Ayiza 2026, les organisateurs ont concocté une affiche musicale explosive. Le podium réunira un savant mélange de talents locaux montants et d’icônes nationales, entre autres Agboti Kekeli, Deelax, Charl’Ozzo, Morsolinho ; Rich LMC, Fabric Lekler, Miko Veros et Dikaf.
Un concert XXL qui s’annonce déjà comme un moment d’anthologie pour la jeunesse de Tsévié.
Cap sur l’Apothéose et l’élan de la jeunesse
La ferveur ne retombera pas de sitôt. Le samedi 8 août, la grande cérémonie d’Apothéose réunira officiels, autorités traditionnelles, cadres de la région et foules en liesse dès 9 heures du matin. Sous la houlette d’organisations de jeunes engagées telles que le Noyau Bleu, la jeunesse du Zio se mobilise en masse pour faire de ce rassemblement un symbole d’unité et d’engagement pour le développement local.
La journée de samedi se prolongera par des réjouissances populaires, un concert géant à 15h, puis le traditionnel Grand Bal populaire animé par l’Orchestre Sassamasso à partir de 19h. Les festivités prendront fin le dimanche 9 août avec la grande finale du tournoi de football Ayiza.
À travers cette 54ᵉ édition, le peuple du Zio démontre une fois encore que la culture demeure le socle inébranlable sur lequel se construisent la cohésion sociale, la fierté d’un peuple et l’avenir de la jeunesse.
Yves Galley
