Au Togo, le gouvernement a officialisé l’ajustement des prix des produits pétroliers à la pompe. Si le litre de Super sans plomb grimpe désormais à 817 francs CFA, la décision – pourtant précédée d’un vaste effort d’explication officielle – suscite une vive amertume au sein d’une population déjà confrontée à la cherté de la vie.
Ce chiffre est désormais sur toutes les lèvres : 817. En francs CFA, c’est le nouveau tarif au litre du Super sans plomb, acté par l’arrêté interministériel modifiant la grille des produits pétroliers. Une augmentation nette qui ne manque pas d’alimenter les discussions enflammées et de nourrir l’inquiétude populaire.
Une hausse préparée, mais un choc inévitable
Pourtant, le pouvoir exécutif n’a pas pris l’opinion au dépourvu. Durant les semaines précédant la publication officielle du texte, les autorités togolaises avaient engagé une série d’actions de sensibilisation et de « préparation des esprits ». Des responsables ministériels et experts ont multiplié les interventions pédagogiques pour expliquer les contraintes budgétaires de l’État, la soutenabilité des subventions publiques et les variations de la conjoncture énergétique internationale.
Mais sur le terrain, l’argumentaire théorique peine à amortir le choc social. Dans les stations-services de la capitale dès la mise en application des nouveaux tarifs, la désillusion était patente.
« On nous a préparés psychologiquement, c’est vrai. Mais la pédagogie ne remplit pas le réservoir. Passer à 817 francs pour le Super, c’est un coup très dur pour nous les conducteurs de zémidjans (motos-taxis), car nous ne pouvons pas doubler nos tarifs du jour au lendemain », confie Koffi, rencontré au carrefour Deckon.
Une grille tarifaire révisée à la hausse
Le Super sans plomb n’est pas le seul carburant concerné par ce réajustement. La nouvelle grille fixée conjointement par les ministères de l’Économie, des Finances et de l’Énergie s’établit comme suit :
Super sans plomb : 817 FCFA / litre
Pétrole lampant : 1 056 FCFA / litre
Gas-oil : 766 FCFA / litre
Mélange 2 Temps : 896 FCFA / litre
L’effet domino redouté sur le pouvoir d’achat
La principale crainte des ménages comme des organisations syndicales réside dans les répercussions indirectes de cette revalorisation. Au Togo, où le secteur informel domine et où les transports conditionnent directement l’acheminement des produits vivriers vers les centres urbains, toute hausse du prix du carburant s’accompagne généralement d’une hausse mécanique des denrées de première nécessité.
Dans un contexte économique marqué par une érosion continue du pouvoir d’achat, la marge de manœuvre des foyers les plus modestes est quasi nulle.
Si la stratégie de communication en amont du gouvernement a permis d’éviter un mouvement de panique ou de paralysie immédiate, le chiffre 817 s’impose déjà comme le symbole d’un quotidien un peu plus lourd à porter pour les ménages togolais.
Yves Galley
