Le Tchad et l’Algérie ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération énergétique avec la signature d’un accord-cadre visant à étudier la construction d’une raffinerie de pétrole d’une capacité de 20 000 barils par jour sur le territoire tchadien.
L’accord a été conclu à Alger lors d’une cérémonie officielle coprésidée par les chefs d’État des deux pays. Selon les informations relayées par l’Agence de presse algérienne (APS), cette initiative s’inscrit dans le cadre de la visite officielle du président tchadien en Algérie et figure parmi un ensemble de 27 accords de coopération bilatérale signés à cette occasion.
Le texte prévoit notamment la réalisation d’études techniques préalables destinées à évaluer la faisabilité du projet. À ce stade, ni le calendrier de mise en œuvre ni le site d’implantation de la future infrastructure n’ont été précisés.
Producteur de pétrole depuis le début des années 2000 grâce aux gisements du bassin de Doba, le Tchad affiche une production quotidienne comprise entre 137 000 et 148 000 barils, selon les données officielles relayées en 2025. Les hydrocarbures représentent près de 70 % des exportations du pays.
Malgré cette production significative, le pays demeure fortement dépendant des importations de produits pétroliers raffinés. La raffinerie de Djermaya, mise en service en 2011 en partenariat avec la compagnie chinoise CNPC, reste à ce jour l’unique installation de raffinage du pays. Bien que sa capacité nominale soit de 20 000 barils par jour, sa production effective est souvent estimée à environ 14 000 barils quotidiens.
Cette insuffisance des capacités locales de transformation contribue à maintenir un niveau élevé d’importations. Selon les chiffres de la Banque de France, les achats de produits pétroliers du Tchad ont atteint 509,3 milliards de FCFA en 2024, contre 521,5 milliards de FCFA l’année précédente.
La perspective d’une nouvelle raffinerie pourrait ainsi permettre au pays de renforcer son autonomie énergétique, tout en valorisant davantage sa production nationale de brut. Pour l’Algérie, ce projet s’inscrit dans une stratégie de coopération régionale portée notamment par sa compagnie publique Sonatrach, déjà engagée dans le développement d’infrastructures pétrolières et pétrochimiques en Afrique.
La signature de cet accord témoigne de la volonté des deux États d’approfondir leur partenariat économique et énergétique, dans un contexte marqué par la recherche d’une meilleure intégration régionale et d’une plus grande sécurité d’approvisionnement en produits pétroliers.
