Dossier Marvin Senaya : Quand Mawuto Senaya s’égare dans des leçons de morale malvenues

La récente sortie médiatique de Mawuto Senaya, s’érigeant en censeur du professionnalisme de la Fédération togolaise de football (FTF), suscite une vive incompréhension. En pointant du doigt la gestion du dossier de son fils, Marvin Senaya, le géniteur semble occulter les réalités éthiques et les limites structurelles qui régissent le football international moderne.

Il est impératif de remettre les faits dans leur contexte : ni le manager des Éperviers, Serge Akakpo, ni l’administration fédérale ne disposent de moyens de coercition pour dicter la trajectoire d’un joueur binational. Vouloir imputer à la FTF le choix spectaculaire d’un athlète lié au Togo par le cordon ombilical mais qui cède aux sirènes ghanéennes relève d’une analyse au mieux biaisée, au pire malhonnête.
L’instance faîtière a scrupuleusement rempli sa mission de détection, d’approche et de contact. Cependant, une fois le travail administratif et relationnel accompli, le choix final appartient exclusivement au joueur et à son entourage.

L’impuissance des institutions face à la souveraineté de la conscience

Le « professionnalisme » réclamé par Mawuto Senaya ne saurait impliquer des méthodes d’un autre âge, car la Fédération ne dispose d’aucun pouvoir légal ou physique pour contraindre un joueur à rejoindre les Eperviers contre son gré, pas plus qu’un protocole administratif, aussi rigoureux soit-il, ne peut agir sur les ressorts patriotiques d’un individu si sa propre conscience ne l’y incline pas naturellement.
Blâmer les responsables togolais pour les hésitations ou les calculs d’un joueur, c’est feindre d’ignorer que l’engagement national est d’abord une affaire de conviction intime et de parole donnée.

Le paradoxe d’une posture morale contradictoire

Il est pour le moins paradoxal d’exiger une excellence institutionnelle tout en cautionnant un “double jeu” qui érode la crédibilité sportive du joueur concerné. Le parcours de Marvin Senaya, marqué par un engagement fluctuant entre deux nations, illustre une dérive regrettable où le calcul circonstanciel semble l’emporter sur la force de l’identité nationale.

En définitive, la légitimité pour infliger une leçon de morale n’appartient pas à ceux qui placent des intérêts personnels ou opportunistes au-dessus des obligations patriotiques. Dans sa quête d’excellence pour les Eperviers, la FTF se doit de bâtir l’avenir avec des profils dont l’attachement au maillot jaune est indéfectible, sincère et, surtout, non sujet à caution.

Yves Galley