À l’approche de la Coupe du Monde 2026, l’actualité du football continental reste profondément rythmée par le séisme juridique de la CAN 2025, opposant le Maroc au Sénégal. Après le sacre sur le terrain des Lions de la Teranga, puis la décision retentissante du jury d’appel de la CAF attribuant le titre au Royaume chérifien, le football africain retient son souffle en attendant le verdict définitif du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). C’est dans ce climat de haute tension que Fouzi Lekjaa, président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), s’est confié en exclusivité à Onze Mondial pour défendre l’honneur de sa fédération et balayer d’un revers de main les suspicions de corruption.
Le regret d’une fête gâchée mais un respect strict du droit
Pour la première fois, le patron du football marocain est revenu sur les coulisses de cette finale de CAN qui s’est jouée autant sur la pelouse que dans les bureaux de l’instance continentale. Tout en regrettant le dénouement extra-sportif de la compétition, Fouzi Lekjaa a tenu à rappeler la droiture de la démarche marocaine :
« Ce que nous regrettons profondément, c’est que nous aurions souhaité une fin de compétition plus aboutie, une véritable fin de fête. Jusqu’à la 95e minute, tous les ingrédients d’un grand événement étaient réunis. »
Face aux accusations de favoritisme et aux critiques acerbes venues de Dakar, l’officiel marocain oppose une culture de la réserve et de la légalité. Il rappelle que, même lorsque la première instance de la CAF avait donné raison au Sénégal, le Maroc avait choisi la voie des tribunaux plutôt que celle de l’invective publique.
« Nous sommes restés fidèles aux valeurs d’une nation ancienne, forte de plus de 14 siècles d’histoire, et nous avons poursuivi le processus dans le respect des règles établies », a-t-il martelé.
La bataille des textes : les articles 82 et 84 au cœur du litige
Le cœur du différend repose sur une interprétation réglementaire stricte. Pour obtenir l’annulation du titre sénégalais en appel, la FRMF s’est appuyée sur les textes sacrés de la CAF. Fouzi Lekjaa se montre inflexible sur ce point : l’appel marocain n’était qu’une simple exigence de conformité juridique.
« Nous avons demandé l’application des articles 82 et 84, qui sont clairs et précis. Leur lecture ne nécessite pas d’interprétation complexe. À l’issue de la procédure, nous avons obtenu gain de cause. En tout état de cause, il y a les rumeurs et les commentaires, et il y a la réalité et la vérité. La réalité finit toujours par s’imposer à tout le monde. »
Influence marocaine à la CAF : Lekjaa remet l’église au milieu du village
Pour de nombreux observateurs et supporters sénégalais, ce retournement de situation en appel serait la preuve de l’emprise grandissante, voire exclusive, du Maroc sur la gouvernance actuelle de la CAF. Une lecture de l’histoire moderne du football africain que le président de la FRMF qualifie de vision tronquée, rappelant l’isolement prolongé du Royaume par le passé.
« Le Maroc, durant des décennies, a été en dehors de la gouvernance de la Confédération africaine de football. La CAF a été dirigée par différentes structures et dynamiques au fil du temps, et le Maroc n’y a retrouvé une place active que plus récemment, en cohérence avec son positionnement et sa contribution. »
En guise de conclusion, le dirigeant chérifien assume pleinement les ambitions de son pays, rejetant toute velléité de manipulation des coulisses : « On ne peut pas reprocher au Maroc de chercher à tirer le football africain vers le haut ».
Alors que le dossier est désormais entre les mains des juges de Lausanne au TAS, cette sortie médiatique ferme montre que le Maroc attend le verdict final avec une totale sérénité, sûr de son bon droit.
