Préfecture de Zio / Lilikopé : Dogbé dans une forêt classée

Du 15 avril au 23 juillet 2023, soit en 100 jours de guerre, le conflit au Soudan, qui oppose l’armée (SAF) aux Forces de soutien rapide (RSF) a fait 3900 morts selon des chiffres avancés par l’ONG Acled. Devant le bilan qui ne cesse de s’alourdir, et les tentatives infructueuses de ramener la paix des pays de la région d’Afrique de l’Est, de l’Union africaine, de la communauté internationale et de certains partenaires du pays, le Togo met en branle sa machine diplomatique et son expérience dans la résolution des conflits qui ébranlent le continent, en conviant autour d’une table les belligérants pour un dialogue consultatif et de concertation qui s’est tenu du 23 au 24 juillet 2023 à Lomé. L’initiative de Lomé ne sera pas vaine, au final, puisqu’elle a permis d’obtenir le respect des corridors et accès humanitaires.

Lilikopé, localité située dans la préfecture de Zio, abrite une forêt devenue classée depuis le 06 septembre 1952 par l’arrêté n°688-52/EF. Victoire Tomégah-Dogbé, le Premier ministre togolais, a fait une descente dans cette forêt le jeudi 10 août 2023 dans le cadre du suivi des grands projets de la feuille de route gouvernementale 2020-2025.

Cette visite du PM lui a permis de découvrir la richesse de cette flore. La forêt classée de Lilikopé fait partie des 37 forêts classées sur l’ensemble du territoire national. Elle couvre une superficie totale de 3800 hectares, dont 1003,79 sont reboisés, soit 26% de la superficie totale. Les plantations de teck occupent 90% de la superficie boisée.

Les forêts sont une ressource vitale pour le climat, l’eau, la santé et les moyens de subsistance. Une importance reconnue par le ministère de la santé vivement engagé dans le reboisement de cette forêt historique au cœur de Lilikopé.

« C’est un honneur pour les agents du ministère de l’environnement de recevoir Son Excellence Mme le Premier ministre. Avec sa venue dans cette forêt, ils seront beaucoup plus motivés et certainement qu’ils prendront encore soin de cette forêt. Nous nous félicitons de ce passage qui est un acte de motivation. S’il n’y a pas de forêt, il n’y a pas de pluie. Et il faut la pluie pour que l’agriculture marche», a expliqué Katari Foli-Bazi, ministre de l’environnement et des ressources forestières.

Les populations bénéficiaires apprécient les impacts positifs de cette forêt et saluent la stratégie inclusive du gouvernement qui associe les différentes communautés riveraines à la gestion de cette forêt.

« Cette forêt a grandi avec nous. Et nos parents ont contribué à la plantation de ces arbres. Cette forêt nous apporte beaucoup de choses. Dès qu’un petit nuage se forme, c’est la pluie qui vient. Nous avons beaucoup bénéficié de cette forêt dans notre région », a indiqué Togbui Kokou Silivi Séklou AGOSSA 1er, chef du village de Kolo II, commune de Zio 1. En plus de la protection des forêts classées, le gouvernement a engagé un programme ambitieux qui vise la mise en terre d’un milliard de plants à l’horizon 2030.

Rôle des forêts dans la régulation du climat

Plus de 100 pays ont inclus dans leur stratégie nationale de lutte contre le changement climatique des mesures pour améliorer l’utilisation des sols et la préservation des forêts. La Banque mondiale soutient ces pays dans leur recherche d’une exploitation optimale de leurs patrimoines forestiers pour réduire la pauvreté, d’une meilleure intégration des ressources forestières dans leurs économies et d’un renforcement du rôle environnemental des forêts.

Au-delà de la gigantesque superficie qu’elles occupent (plus de 4 milliards d’hectares de forêts qui pourraient recouvrir les territoires cumulés du Brésil, du Canada, de la Chine et des États-Unis), les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat et dans l’atténuation du réchauffement de la planète. Leur rôle dans le renforcement de la résistance au changement climatique, s’il est moins évident, est tout aussi capital.

Les arbres des forêts rendent de grands services à l’environnement, par exemple en améliorant la quantité d’eau disponible et sa qualité, en réduisant l’érosion des sols et en créant des microclimats qui préservent, voire optimisent la productivité agricole.

La gestion durable des forêts peut aussi renforcer la résistance des sociétés locales en élargissant la palette des sources de revenus et des produits à disposition, tout en développant les capacités des institutions locales et nationales.

Les forêts constituent l’un des réservoirs de carbone les plus importants de la planète. D’un côté, elles jouent un rôle central contre le changement climatique, en absorbant les gaz à effets de serre (GES) et en renforçant la résilience des paysages : régulation des flux, maintien et enrichissement des sols pour l’agriculture, protection des communautés côtières contre les événements climatiques extrêmes et l’élévation du niveau de la mer ou encore création de couloirs migratoires pour les espèces animales et végétales.

De l’autre, la déforestation à des fins agricoles ou pour déployer des infrastructures entraîne de fortes émissions de dioxyde de carbone et autres GES dans l’atmosphère et alimente ce faisant le dérèglement climatique. C’est à juste raison que le 21 mars est retenu comme Journée internationale des forêts.

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