Journée de l’Afrique en Argentine : le Maroc porte haut la voix du continent

À l’occasion des célébrations officielles de la Journée de l’Afrique en Argentine, la diplomatie marocaine a porté haut la voix du continent devant un parterre de dignitaires d’Amérique latine. En sa qualité de doyen du corps diplomatique africain à Buenos Aires, l’ambassadeur du Royaume, Fares Yassir, a dressé le panorama d’un continent en pleine mutation structurelle, tout en plaidant pour une refondation des axes de coopération transatlantique à travers des partenariats équitables et une coopération Sud-Sud décomplexée.

Le plaidoyer pour l’Afrique des solutions et des mégatendances

Loin des clichés afro-pessimistes obsolètes, l’intervention marocaine dans la capitale argentine a mis en lumière les variables stratégiques qui font aujourd’hui de l’Afrique le moteur de la croissance mondiale future, à travers un triptyque d’atouts majeurs qui redéfinissent la géopolitique du continent : d’abord, un dividende démographique porté par une jeunesse vibrante, innovante et ultra-connectée qui s’impose comme le premier capital immatériel du continent ; ensuite, une intégration économique intégrale matérialisée par la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), créant ainsi le plus grand marché unique au monde avec plus de 1,3 milliard de consommateurs ; et enfin, une feuille de route souveraine guidée par l’Agenda 2063 de l’Union africaine, véritable matrice d’une émergence endogène pensée par et pour les Africains.

Fares Yassir a réaffirmé la vision portée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui place le co-développement et la solidarité interafricaine au cœur de l’action extérieure du Royaume, démontrant que l’Afrique a désormais vocation à être un partenaire d’égal à égal sur l’échiquier international.

L’axe Afro-Argentin : vers un partenariat de rupture technologique

Le cœur du message diplomatique résidait également dans l’appel pressant à un changement de paradigme dans les relations entre l’Afrique et l’Argentine. Pour le doyen du groupe africain, les schémas d’échanges traditionnels doivent céder le pas à une alliance « plus ambitieuse, mieux structurée et mutuellement bénéfique ».

Face aux défis globaux liés à la sécurité alimentaire, à la transition écologique et aux crises sanitaires, le Maroc a identifié cinq secteurs verticaux hautement stratégiques où l’expertise argentine et les ambitions africaines peuvent opérer une jonction historique : agriculture & AgTech ; énergie & transition ; biotechnologies & santé ; innovation & numérique.

Cette offensive diplomatique à Buenos Aires confirme le rôle de passerelle continentale que le Maroc continue de jouer, capitalisant sur son ancrage africain et son ouverture sur le monde pour attirer des investissements structurants vers le continent. En repositionnant le débat autour de la valeur ajoutée partagée, Rabat rappelle que l’avenir de la géopolitique mondiale se joue désormais, en grande partie, au Sud.