Derrière la ferveur et l’ampleur nationale de la Journée nationale de reconnaissance à Dieu (JNRD), se trouve l’histoire d’un engagement précoce et d’un soutien institutionnel majeur, incarné par le président du Conseil, Faure Gnassingbé. Ce dernier, alors président de la République sous la 4e République, a été le premier catalyseur, permettant à cet événement spirituel de dépasser le cadre d’une simple célébration associative pour embrasser l’échelle nationale.
Du Jubilé associatif à la vision nationale
La JNRD trouve son origine en novembre 2013, non pas comme une initiative nationale, mais comme la « Soirée de Reconnaissance à Dieu » organisée par le Groupe d’évangélisation et de musique chrétienne “Salut & Joie” pour marquer son Jubilé du dixième anniversaire (Noce d’Étain).
Devant les “merveilles de ses œuvres” durant dix années de mission, le groupe, fondé en 2003, décide d’organiser un événement exceptionnel de gratitude.
C’est lors de cette première célébration, le 10 novembre 2013, que le soutien présidentiel est apparu comme déterminant. Le président Faure Gnassingbé avait favorablement répondu à l’invitation adressée par le président de Salut & Joie, Kodjo Adedze, alors directeur général des Douanes togolaises.
Le geste fondateur de Faure
L’implication de Faure Gnassingbé fut immédiate et concrète, notamment par un geste au hautement symbolique : alors que l’événement devait initialement se tenir dans un hôtel, la première édition fut directement hébergée à la Place des fêtes de la Présidence grâce à l’offre gracieuse du Président de la République.
Ce soutien a conféré une crédibilité et une stature inédites à ce qui n’était encore qu’une initiative associative. De plus, c’est au cours de cette soirée fondatrice qu’une vision d’institutionnalisation a été clairement exprimée : Kodjo Adedze a formulé un souhait prophétique en se demandant : « Comment ne pas mettre à part, solennellement, ne serait-ce qu’une seule journée sur les trois cent soixante-cinq et un quart que compte l’année pour témoigner à l’Éternel Dieu, notre gratitude ? Comment ne pas s’attendre à ce qu’une telle journée soit institutionnalisée et observée sur toute l’étendue du territoire national ? » Ce fut le point de départ de la vision d’une « Journée nationale de reconnaissance à Dieu ».
La Déclaration forte de Faure
L’événement s’est poursuivi, s’étendant d’abord au Palais des Congrès de Lomé en 2014, puis au Stade de Kégué en 2015, sous le thème : « Heureuse la nation dont l’Éternel est Dieu » (Psaumes 33 : 12).
C’est lors de cette troisième édition, en 2015, que le Président Faure Gnassingbé, interrogé par des journalistes curieux sur sa présence assidue à l’événement, a fait une déclaration qui a levé toute ambiguïté sur son engagement personnel et institutionnel :
« Moi aussi je suis venu adorer Dieu. »
Cette simple phrase a symbolisé l’adhésion d’État à l’esprit de la JNRD, brisant les barrières religieuses, dénominationnelles, politiques et sociales pour embrasser tout ce qui représente le Togo.
L’Événement prend son envol national
C’est à partir de la quatrième édition, célébrée le 18 décembre 2016, que le caractère national tant souhaité s’est concrétisé. La JNRD a été commémorée simultanément, à la même heure (15 heures) et sous le même thème, dans tous les chefs-lieux des cinq régions économiques du pays.
Les éditions suivantes (2017 à 2019), organisées notamment au Stade de Kégué et au Stade Omnisports de Lomé, ont confirmé cette expansion. Des villes comme Dapaong, Kara, Sokodé, Atakpamé, Kpalimé et Tsévié ont désormais rejoint la capitale, faisant de la JNRD un véritable rendez-vous national incontournable, solidifié par le soutien institutionnel initié par le Chef de l’État.
La 13e édition de cette année a été célébrée le 14 décembre à Lomé et dans 14 autres villes sur toute l’étendue du territoire.
La double cuirasse : entre force armée et rempart divin
Si la stabilité et la longévité du règne du président du Conseil, Faure Gnassingbé, sont souvent analysées à travers le prisme de la solidité institutionnelle et de l’indéfectible soutien des forces armées, le contexte de la JNRD révèle une dimension fondamentale et moins médiatisée : la conviction que sa gouvernance repose ultimement sur un rempart de fer qu’est la protection de Dieu.
En manifestant un soutien immédiat et constant à la JNRD, allant jusqu’à prêter la Place des fêtes de la Présidence pour la première édition, et en déclarant publiquement « Moi aussi je suis venu adorer Dieu », Faure Gnassingbé a institutionnalisé l’idée que la véritable cuirasse du régime, au-delà de la loyauté humaine, est d’ordre spirituel.
Ce geste, qui ancre la reconnaissance divine dans la sphère publique et constitutionnelle, positionne ainsi le président du Conseil comme celui qui cherche à bâtir son règne non seulement sur la force terrestre, mais fondamentalement sur une bénédiction et une protection transcendantes.
