L’ambiance est à l’orage dans la cité du haricot. Ce mardi, la commune Zio 1 a basculé dans une crise institutionnelle ouverte suite à l’adoption d’une motion de boycott par une partie des élus locaux. En cause : un bras de fer financier qui paralyse désormais le fonctionnement de la municipalité.
C’est par un acte fort que huit conseillers municipaux ont choisi de marquer leur désapprobation. Réunis à Tsévié, ils ont officialisé la suspension immédiate de leur participation à l’ensemble des activités du Conseil, y compris les travaux essentiels en commissions. Cette décision, radicale pour une collectivité territoriale, fait suite à trois mois de privation d’indemnités de fonction.
Une entrave à la « libre administration »
Pour les frondeurs, ce mutisme financier n’est pas une simple péripétie comptable, mais une manœuvre « illégale et arbitraire ». Les élus rappellent avec insistance que leurs émoluments, strictement encadrés par l’article 111 de la loi sur la décentralisation, figurent noir sur blanc dans le budget primitif 2026, déjà adopté et exécutoire.
« Ce blocage est une atteinte grave à l’exercice de notre mandat. Sans ces ressources, comment assurer nos déplacements dans les quartiers ou organiser les restitutions citoyennes ? », s’interroge l’un des signataires.
Les conseillers accusent ouvertement l’exécutif communal de vouloir instaurer une « asphyxie financière » pour museler les élus et entraver leur travail de terrain.
Le Maire dans l’œil du cyclone
Le maire de Zio 1, Dr Atatsi Ayawo, se retrouve désigné comme l’unique responsable de cette impasse. Les contestataires affirment que malgré plusieurs relances concernant les indemnités de la première session ordinaire de l’année, aucune suite favorable n’a été donnée. En conséquence, ils font peser sur lui la responsabilité de tous les blocages administratifs et opérationnels que cette grève des élus pourrait engendrer pour les populations.
Les conditions d’un retour au calme
Si la rupture semble consommée, les élus laissent la porte entrouverte à une médiation. Ils conditionnent la reprise des travaux à deux exigences non négociables : le règlement intégral de l’ensemble des sommes dues, et la convocation, sous l’égide du préfet de Zio, d’une session extraordinaire pour solder définitivement ce différend.
Aux dernières nouvelles, en réponse à la grogne des élus, le préfet a accordé une audience à une délégation des conseillers frondeurs ce mardi en milieu de journée. L’autorité préfectorale a exhorté ces derniers à lever leur mot d’ordre, tout en garantissant que des concertations étaient déjà engagées avec le Trésorier général pour un dénouement rapide de la crise.
Yves Galley
