C’est l’un des chocs les plus attendus de la phase de poules de la Coupe du monde 2026. Le 13 juin prochain, le MetLife Stadium du New Jersey sera le théâtre d’une confrontation électrique entre le Maroc et le Brésil. Ce duel inaugural fera office de révélateur pour les ambitions des deux nations. À l’approche de cette affiche, Le360 Sport a sondé des journalistes brésiliens de premier plan pour décrypter la perception qu’a la Seleção de ces nouveaux Lions de l’Atlas.
Le géant auriverde face à ses démons et son histoire
Le premier écueil sur la route du Maroc est un monument du football mondial. Sous la houlette du technicien italien Carlo Ancelotti, le Brésil débarque sur le sol nord-américain investi d’une mission sacrée : mettre fin à un quart de siècle de disette. Unique nation de la planète à avoir disputé l’intégralité des phases finales de l’histoire et détentrice du record absolu de cinq couronnes mondiales (1958, 1962, 1970, 1994, 2002), la Seleção n’en demeure pas moins convalescente.
Vingt-quatre ans après son dernier sacre, le Brésil reste hanté par des désillusions en série, à l’image du traumatisme national du 7-1 encaissé à domicile face à l’Allemagne en 2014. C’est donc un géant blessé, mais ultra-ambitieux, qui se dresse face aux hommes de Mohamed Ouahbi.
Le Maroc a changé d’ère, le Brésil l’a remarqué
En face, le statut du Maroc a radicalement muté depuis son épopée légendaire au Qatar en 2022. Devenus la première nation d’Afrique à intégrer le dernier carré d’un Mondial, les Lions de l’Atlas ont capitalisé sur cette dynamique pour opérer une véritable razzia :
• L’invincibilité historique : une impressionnante série de 19 rencontres consécutives sans le moindre revers sous l’égide de Walid Regragui.
• La consécration continentale : un titre de champion d’Afrique décroché de haute lutte à domicile lors de la CAN 2025.
• Le sommet statistique : une entrée fracassante à la 8e place du classement mondial de la FIFA, un zénith jamais atteint par le football africain.
Ce CV XXL installe désormais le Maroc comme une valeur sûre et redoutée de l’échiquier international.
Entre déférence et réalisme : l’analyse des experts brésiliens
Pourtant, au pays du “futebol”, cette montée en puissance suscite davantage de la vigilance qu’un vent de panique. Interrogés par Le360 Sport, Pedro Cunha (Cazé TV) et Duda Ribeiro (TNT Sports/Max), deux figures médiatiques majeures qui accompagnent le quotidien de la sélection brésilienne, affichent un avis nuancé mais lucide.
Si les exploits récents ont transfiguré l’image des Lions de l’Atlas en Amérique du Sud, la presse brésilienne se garde bien de les classer parmi les grands favoris de la compétition. Duda Ribeiro résume parfaitement ce sentiment généralisé à Rio et São Paulo :
« Oui, la dernière Coupe du monde et les résultats qui ont suivi ont fait passer le Maroc dans une autre dimension dans notre perception ici au Brésil. Mais je ne crois pas qu’il soit encore considéré comme une véritable puissance mondiale du football. »
Pour autant, hors de question pour les Auriverdes de prendre ce match d’ouverture à la légère. Pour la journaliste de TNT Sports, le Maroc s’impose sans conteste comme « l’adversaire le plus difficile du groupe ». Une confrontation capitale pour laquelle le Brésil devra déployer son meilleur football.
« C’est une équipe qui inspire du respect et de la prudence, mais pas de la peur », conclut-elle.
Les cartes sont distribuées, le rendez-vous du 13 juin s’annonce d’ores et déjà volcanique.
