Le rêve d’un retentissant doublé s’est brisé sur la pelouse du stade Moulay El Hassan de Rabat. Tenant du titre, le Maroc a cédé sa couronne continentale au terme d’une demi-finale d’une rare intensité face au Sénégal (1-1, 6-7 t.a.b), le jeudi 28 mai 2026. Malgré l’immense désillusion de cette élimination aux portes de la finale, le sélectionneur national, le technicien portugais Tiago Lima Pereira, a tenu à saluer la bravoure et le contenu technique proposés par ses jeunes protégés, tout en qualifiant le verdict de la séance fatidique d’« injuste ».
Une désillusion gravée dans le marbre des tirs au but
Entré en cours de cycle pour succéder à Nabil Baha sur le banc de la sélection U17, Tiago Lima Pereira n’a pas masqué sa profonde détresse. Le technicien lusitanien, propulsé à la tête d’un projet visant à pérenniser la domination marocaine sur la catégorie, a exprimé à chaud un sentiment de vacuité, balayant d’un revers de main l’enjeu subsidiaire du match de classement :
« On n’a pas accompli notre objectif premier. Le prochain match ne compte pas. »
Cette réaction épidermique traduit l’immense frustration d’un staff qui mesurait la portée historique d’un potentiel back-to-back. Pour Pereira, la vérité statistique du match plaide largement en faveur de son équipe, victime du manque de réalisme offensif récurrent à ce niveau de la compétition : « Je voudrais féliciter tout le monde. On a mieux joué, on s’est procuré plus d’occasions. Je n’ai rien à reprocher aux garçons. Les tirs au but, c’est du 50-50. Je suis extrêmement fier de cette équipe. »
Une domination stérile et le verdict implacable du réalisme
Poussés par une ferveur populaire incandescente dans les tribunes de Rabat, les Lionceaux de l’Atlas ont longtemps cru en leur destin. Sous l’impulsion d’un Ibrahim Rabbaj des grands soirs, maître à jouer de l’animation offensive marocaine, les locaux ont fait le siège du camp sénégalais. Les assauts répétés se sont pourtant heurtés à une étonnante maladresse et à la fatalité, les poteaux sauvant à plusieurs reprises le portier des Lionceaux de la Teranga.
Il aura fallu attendre le bout du temps additionnel, à la 99e minute, pour voir Ismail El Aoud libérer le stade en transformant avec sang-froid un penalty arraché de haute lutte. Une égalisation tardive qui n’a fait que repousser l’échéance d’un dénouement cruel. Lors de la séance des tirs au but, le Sénégal a fait preuve d’un mimétisme parfait et d’une solidité mentale supérieure, s’imposant 7 à 6 pour valider son ticket pour la finale.
« C’est injuste, mais c’est le process » : le regard tourné vers l’avenir
Loin de céder à la tentation des récriminations arbitrales ou des polémiques annexes qui agitent les travées médiatiques, Tiago Lima Pereira a recentré son analyse sur l’essence même du football de formation. En qualifiant l’issue du match d’« injuste », le stratège portugais évoquait le décalage flagrant entre la production globale de ses joueurs et la sentence finale du tableau d’affichage.
Il a également tenu à rendre un vibrant hommage au public de Rabat, dont le soutien inconditionnel a transcendé le groupe : « Aux supporters, je dis que c’est incroyable. Grâce à eux, nous nous sentons comme des super joueurs, un super coach et un super staff, car le public nous a portés dès les premières minutes. C’est injuste. C’est la vie, c’est le process. Demain, nous penserons à la suite. »
Pendant que le Sénégal rallie la finale pour y défier la surprenante équipe de Tanzanie le mardi 2 juin prochain, le Maroc devra panser ses plaies. Le processus d’apprentissage de cette jeune génération passera par une confrontation de prestige ce lundi face à l’Égypte, pour le gain honorifique de la troisième place ; un exercice de résilience mentale grandeur nature pour le football de base marocain.
