Sénégal-Maroc (CAN U17) : Entre penalty contesté et sifflets du public : autopsie d’une polémique stérile et oiseuse

Le Sénégal s’est qualifié pour la finale de la Coupe d’Afrique des Nations des moins de 17 ans en éliminant le Maroc, pays hôte, au terme d’une séance de tirs au but haletante (1-1, 7-6 t.a.b), ce jeudi 28 mai 2026 à Rabat. Pourtant, à peine le coup de sifflet final retenti, une certaine presse s’est empressée d’allumer les mèches d’une polémique stérile, tentant de déplacer le verdict du terrain vers le terrain glissant des ressentiments extra-sportifs. Une posture aussi inutile que nuisible.

Sur la pelouse du stade Moulay El Hassan, les Lionceaux de la Teranga ont validé leur ticket pour la finale de manière incontestable. Face à l’adversité et à l’égalisation tardive des Marocains, les jeunes Sénégalais ont fait preuve d’une force mentale exemplaire pour s’imposer lors de la loterie des tirs au but.

Dès lors que la victoire est acquise et que la qualification est officiellement scellée, ériger des tribunaux médiatiques pour disséquer chaque fait de jeu relève d’un acharnement dénué de sens. C’est pourtant le piège dans lequel plongent certains observateurs, relayés par des médias en quête de sensationnalisme, qui s’évertuent à scruter des détails techniques pour nourrir une victimisation hors de propos.

Des griefs marginaux pour nourrir polémique

La polémique actuelle se cristallise autour de deux axes principaux, largement amplifiés sur les plateformes numériques :
• L’empiètement sur le penalty: Des arrêts sur image sont brandis pour prouver qu’un joueur marocain avait pénétré dans la surface de réparation avant la frappe du penalty égalisateur à la 96e minute. Si la Loi 14 de l’IFAB prévoit théoriquement de faire retirer le coup de pied de réparation en cas d’« encroachment » d’un coéquipier du tireur, l’interprétation de ces micro-événements est le lot quotidien de tous les matchs de football à travers le monde. La décision arbitrale a tout scellé, refaire le match a posteriori n’effacera pas le tableau d’affichage.

• Les sifflets durant l’hymne national : l’autre cheval de bataille concerne le comportement d’une partie du public local ayant sifflé l’hymne sénégalais avant le coup d’envoi. Bien que cet acte soit regrettable et contraire à l’éthique sportive, il convient de le ramener à sa juste proportion : un débordement de tribune classique qui n’a eu absolument aucune influence sur la performance des vingt-deux acteurs ni sur l’issue de la qualification. En appeler de manière disproportionnée aux codes disciplinaires de la CAF pour réclamer des sanctions relève d’une surenchère inutile.

Se guérir des fantômes de la CAN 2025 pour préserver la fraternité

Cette propension à chercher la petite bête révèle un mal plus profond. Une partie de l’opinion reste prisonnière des souvenirs de la finale de la CAN 2025 chez les seniors, marquée par une vive rivalité et des contestations arbitrales aiguës entre les deux nations.

Alimenter la suspicion en agitant le spectre d’une prétendue « protection institutionnelle » du Maroc au sein de la CAF ne fait qu’envenimer les relations entre deux peuples historiquement unis par des liens de fraternité et de diplomatie séculaire.

Le football doit demeurer un vecteur d’unité et non un prétexte pour réveiller de vieilles rancœurs. Au lieu de s’enferrer dans des débats oiseux et des théories du complot qui ternissent la beauté du sport, le Sénégal du football gagnerait à savourer la performance de ses jeunes ambassadeurs.

Les Lionceaux sont en finale et s’apprêtent à défendre leur couronne continentale face à la Tanzanie ; c’est là la seule vérité qui mérite d’occuper l’espace médiatique.