Présente à Beijing dans le cadre du 7ᵉ Forum sur la coopération des médias sino-africains, la ministre togolaise de la Communication, Yawa Kouigan, a livré sa vision d’un partenariat audiovisuel renouvelé au micro de la chaîne chinoise CGTN. Articulée autour de trois priorités stratégiques : la modernisation de l’écosystème médiatique public, le renforcement des compétences et l’essor de la coproduction, son intervention pose les bases d’une synergie fondée sur l’innovation et l’open source. Au-delà des enjeux technologiques, la ministre plaide pour une transformation du récit continental, appelant à promouvoir l’image d’une « Afrique qui agit » et à positionner les médias comme le moteur central de la fraternité sino-africaine.
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Shanhui Zhang (CGTN) : Madame la ministre, bienvenue en Chine. Le thème du forum est « Partager de nouvelles opportunités de développement, créer ensemble un nouvel avenir mondial ». Sur quel projet précis espérez-vous avancer avec la Chine ?
Yawa Ahofa Kouigan : Merci de votre intérêt et merci également au gouvernement de la République populaire de Chine pour cette occasion. Il nous semble que le moment est venu de passer à une étape supplémentaire. Une étape dans laquelle nous allons enrichir cette belle relation entre la Chine et les pays africains, notamment en matière médiatique. Du point de vue du Togo, l’enrichir sur trois axes principalement. Ces axes sont simplement la modernisation de notre écosystème, de notre environnement médiatique, surtout pour ce qui concerne le média public togolais. Le deuxième axe, c’est simplement renforcer nos compétences, nos journalistes, nos techniciens, les acteurs du numérique, de l’audiovisuel. Et le troisième axe, c’est vraiment aller vers davantage de coproduction, se mettre ensemble pour produire des choses et je crois que ces regards partagés sur un même objet seront également une source d’enrichissement.
Vous êtes l’une des voix les plus expérimentées de ce forum. Quelle histoire africaine mérite d’être mieux connue dans le monde aujourd’hui ?
Indubitablement, le récit d’une Afrique qui agit. Malheureusement, et pendant plusieurs décennies, on a surtout vu l’Afrique en crise. Ce sont des situations qui existent, mais ce sont des situations qui ne peuvent pas, à elles seules, résumer l’Afrique. Vous avez une Afrique de la jeunesse, vous avez une Afrique de l’innovation, une Afrique de l’entrepreneuriat, une Afrique des femmes. Il y a tellement de choses à raconter autour de l’Afrique qui agit que je crois qu’il est plus urgent que ce soit cette image qui soit retrouvée.
Quelles sont les particularités de la technologie chinoise ? Pourquoi coopérer davantage avec la Chine plutôt qu’avec d’autres pays ?
On a souvent parlé de réduire la fracture numérique, mais comment on la réduit si tout le monde se cache derrière son paravent ? Cette initiative de promouvoir l’open source dans le domaine technologique constitue une opportunité à saisir pour les Africains. Parce que, pour une fois, voilà quelque chose qui va, par exemple, permettre d’aller au-delà des barrières linguistiques, de décliner, d’élaborer et de concevoir des solutions qui sont adaptées au plus près des populations africaines.
L’année 2026 est l’Année chino-africaine des échanges humains et culturels. Comment évaluez-vous l’importance des échanges ?
Elle est très importante. Elle remonte aussi loin que le début de la coopération entre nos deux pays. Et ça fait plusieurs décennies d’amitié. Et chez nous, une amitié qui dure longtemps finit par se transformer en fraternité. Et les médias ont un rôle très important à jouer en cela. Pourquoi ? Parce qu’en réalité, le volet médiatique ne se superpose pas à la coopération. Il est au cœur de la coopération parce que l’amitié, la fraternité, les relations humaines se développent par la connaissance mutuelle, par la confiance. Les médias contribuent à raconter cette histoire qui fait que les peuples se connaissent mieux, que les peuples peuvent mieux se faire confiance, que les peuples peuvent continuer à travailler ensemble.
Shanhui Zhang (CGTN) : Quel message souhaitez-vous adresser au public chinois qui nous regarde ?
L’Afrique et la Chine ont une longue tradition d’amitié et, aujourd’hui, il est de notre responsabilité, à nous qui sommes là aujourd’hui, d’écrire la nouvelle page de cette amitié et de l’écrire avec ce que nous voulons qu’elle contienne.
Merci, Madame la ministre, pour cet entretien.
