Kim Jong Un en Russie pour rencontrer Vladimir Poutine

Les déplacements de Kim Jong Un à l’étranger sont très rares pour ne pas faire les gros titres de la presse occidentale.

A son arrivée au pouvoir, fin 2011, Kim Jong Un n’a pas quitté son pays pendant six ans, avant d’effectuer une longue tournée de quinze mois en Chine, en Russie, au Vietnam et à Singapour.

Puis il a cessé tout déplacement en 2020, en raison de la pandémie de Covid-19.

Les besoins de la Corée du Nord

Mais, cette semaine, le numéro un nord-coréen renoue avec les voyages, et c’est la Russie qui l’accueille.

Car la Russie dispose de tout ce dont la Corée du Nord a besoin.

C’est un pays qui exporte beaucoup de céréales, des engrais, des sources d’énergie, et cela intéresse la Corée du Nord.

Par ailleurs, Pyongyang, soumis à des sanctions internationales, serait en quête de technologies de pointe pour ses satellites et sous-marins à propulsion nucléaire.

“Du côté russe, je pense qu’il est plus probable que de la nourriture et de l’énergie soient fournies. Je pense qu’ils s’abstiendront de fournir des technologies militaires de pointe, du moins publiquement. En effet, si la Corée du Nord utilise cette technologie dans le cadre d’une démarche agressive, par exemple contre la Corée du Sud, la Russie aura une très mauvaise image”, explique James Brown est professeur de sciences politiques au Japon.

Les attentes de la Russie

Quant à la Russie, enlisée dans sa guerre contre l’Ukraine, elle serait surtout intéressée par des obus.

“Si la Corée du Nord décide de fournir des obus d’artillerie, nous pouvons nous attendre à une réponse des Etats-Unis, de la France, de la Corée du Sud et du Japon. Le problème est de savoir quelles réponses sont réellement disponibles. La Corée du Nord fait déjà l’objet de tellement de sanctions, il y a déjà si peu d’engagement, cela signifie qu’il reste peu de leviers à actionner”, dit James Brown.

Début septembre, Washington a assuré que Pyongyang, malgré ses démentis, aurait fourni des roquettes et des missiles à la Russie en 2022, destinés au groupe paramilitaire privé Wagner.

Pour Joseph Dempsey, chercheur à l’Institut international d’études stratégiques, “la Corée du Nord détient vraisemblablement les plus gros stocks d’obus d’artillerie de l’époque soviétique, qui pourraient être utilisés pour reconstituer les stocks russes appauvris par la guerre en Ukraine. Ce qui devrait contribuer à prolonger la guerre”.

Kim Jong Un et Vladimir Poutine : la rencontre de deux dirigeants au ban de la communauté internationale. L’un pour son programme nucléaire et l’autre pour son invasion de l’Ukraine.

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