Interview / Erick Matchame sur le changement de constitution : ” L’opposition togolaise ne doit pas s’arroger le monopole de toujours critiquer”

Fibre patriotique vibrant, le franco-togolais Erick Guitcha Matchame ne rate l’opportunité de se prononcer sur les sujets brûlants de l’actualité politique de son pays. L’ingénieur en Économie de construction, le sapeur-pompier, capitaine Hors-Class en France, directeur régional interministériel de la normalisation des systèmes de sécurité incendie et prévention des infrastructures au Pays de Loire, Erick s’offre à nouveau une petite liberté pour se prononcer à fond sur entre autres questions, la modification constitutionnelle, la légitimité de l’actuelle assemblée nationale à légiférer, la démocratisation des pays africains, les avantages du régime parlementaire, le tout sous le prisme de son champion, Faure Gnassingbé.

 Bonjour Erick Matchame. Quel regard portez-vous sur l’actualité sociopolitique du Togo?

Bonjour aux lecteurs et merci de me recevoir. Le Togo avance normalement bien dans les processus de décentralisation. Il y a presque quatre (4) ans, lorsqu’il était question d’amorcer le processus vers les élections municipales au Togo sur ordonnance du Président de la République, l’opposition avait crié au scandale et même condamné cette action par « Pratique douteuse ». Mais à ce jour je constate que la gestion des communes par ses propres élus est tout bénéfique à la fois aux administrés et aux élus. Force est de constater que nous avons raison et c’est légitime de s’appuyer sur les recommandations gouvernementales lorsqu’il s’agit d’innover et de rénover.

Aujourd’hui nous avons une autre étape à franchir. C’est celle des Élections couplées entre les législatives et les régionales. La vision fondamentale du Président de la République est de permettre à chaque commune, préfecture et région de s’affirmer, d’une part à travers sa propre gestion localement mais aussi par un développement durable venant de ses propres fils et filles. Nos territoires sont aujourd’hui équipés des administrations locales pour venir à l’aide à nos concitoyens. Je reste très optimiste sur notre élan inclusif. Il faut un peu de patience pour avoir du résultat. Nous sommes dans l’action avec le Président Faure. Je dois reconnaître voire admettre que le peuple togolais veuille du résultat immédiat. Ce n’est pas si simple de faire comprendre des choses sensibles à quelqu’un qui pense ne pas être compris; je veux indiquer par-là le peuple. Une chose rassurante, nous sommes sur la voie de l’émergence tout en restant humble et modeste, comme l’a souligné le numéro Un de notre grand parti Unir, lors de son assemblée générale statutaire il y a quelques jours à Kara.

Aujourd’hui le débat politique est axé sur la révision de la constitution togolaise. Quel regard portez-vous sur la question?

D’emblée j’affirme et affiche la positivité. J’ai toujours parlé de la pédagogie. Expliquer le bon sens et la raison de la faisabilité des choses à notre peuple. Car en fin de compte nous sommes tributaires de sa décision dans les urnes. Pour ceux et celles qui comprennent le bien fondé des mots sans aucun détour de chauvinisme, il est clair que « modification de la constitution n’est pas la même chose que sa révision… » Peu importe le sens donné. Mais sachons que nous sommes à même de faire valoir les droits institutionnels, qui permettent à nos législateurs de faire appliquer leur droit pour adapter la constitution à nos modes de fonctionnement au Togo et voire en Afrique. Le panafricanisme permet à chaque pays africain souverain de jouir de sa liberté à décider de son avenir et surtout de l’avenir de ses citoyens. Maintenant, revenons aux faits.

« Dans le cadre d’une adaptation au mode d’évolution de notre jeune société et de l’influence des différents systèmes de progrès, il est important de créer un socle fondamental pour une politique inclusive pour notre pays. » En termes clairs, il n’est pas question d’imposer un processus mais une étude de la constitution pour adapter les besoins de nos peuples aux prérogatives et cahiers des charges de notre exécutif. Nous devons être capables de dire à nos peuples que ce qui était important il y a 40, 50 voire 60 ans est devenu obsolète par la force de la nature des choses et par progrès.

Restons dans une pédagogie explicative à nos populations. C’est notre devoir. Le Président Faure Essozimna Gnassingbé a démontré mille et une fois que la vie de chaque citoyen et citoyenne est pour lui un chemin de croix. Nous avons la chance d’avoir un visionnaire pour le Togo pour les années à venir. Nous avons besoin de cette révision constitutionnelle qui permettra au peuple togolais de sortir de cette torpeur sociopolitique que certains de nos opposants veulent lui faire croire. Cette révision de notre constitution au Togo est d’autant plus légitime que le droit au logement, à la santé, à l’éducation et à la promotion sociale dans un grand plan social.

Dans l’une de vos dernières interventions, vous faisiez cas d’un aspect prématuré de nos systèmes de démocratisation des pays africains, vous mettiez l’accent sur la durée du mandat présidentiel. Que comprendre concrètement ?

Ici nul ne peut évoquer la date réelle du début de la démocratie dans les plus grands pays européens, les plus démocratiques. Personne. Et pourtant l’histoire récente de la France nous dit que c’est seulement en 2000 que le parlement français a adopté une révision de la constitution française portant le nombre d’années de mandature à 5 ans contrairement aux 7 ans et cela mis en vigueur en 2002. Suite au 1er mandat de l’ancien Président Jacques CHIRAC (7 ans de 1995 à 2002), la France a eu cette modification de sa constitution, portant ainsi la durée du mandat présidentiel à un quinquennat. Cela a été voté à l’assemblée nationale française. Pourquoi? Les années d’expérience et d’exécution des projets politiques et de développement ont été d’une assurance pendant plus 45 ans avant de basculer. Ne soyons pas égoïstes, ni chauvins. Restons concentrés et optimistes sur l’avenir de notre pays. Nous devons croire aux valeurs du travail accompli pour un résultat honorable, et digne de nous. Nous devons regarder dans la même direction et surtout faire face à l’ennemi commun qu’est le dénigrement subi par le grand parti UNIR.

Certains politologues diront que certains pays africains ont pris de l’avance en termes de démocratisation de leur pays. C’est peut-être vrai. Moi Erick Guitcha Matchame, fort de mes années d’expérience dans les administrations étatiques, je pense que chaque peuple doit écrire son histoire avec ses dirigeants. Notre histoire de liberté économique, notre liberté financière, notre autonomie sociale, notre indépendance pour la protection infantile et des femmes, notre indépendance tout simplement, tout cela est lié à une seule théorie: celle de la paix – celle de la cohésion sociale – celle de l’autonomie que prône le chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé.

Les pays africains veulent aller très vite dans leur processus de démocratisation des pays. Une grande erreur pour ma part. Je peux me tromper et ce serait naturel. Mais je suis convaincu que les Etats africains ont besoin d’une ‘’âme de la démocratie’’ afin d’asseoir un vrai processus en ce sens. Nous voulons copier les occidentaux. Nous avons tort. Car, ces occidentaux n’ont pas les mêmes valeurs que nous. Ces occidentaux n’ont pas les mêmes ressources que les africains. Les occidentaux n’ont plus de ressources, contrairement à nous, qui sommes peut-être à peine à 1% d’exploitation des ressources de nos sols, et ressources humaines. Nous n’avons rien à envier à qui que cela soit. Aujourd’hui… les statistiques des grandes démocraties expliquent que nous avons tout en Afrique pour réussir. Nous devons juste laisser le temps à nos vrais dirigeants panafricains pour asseoir une réelle politique de développement inclusif de nos pays à travers notre agriculture, notre culture, notre éducation, notre sport, mais surtout notre civilisation. Pour cela, il faut avoir le courage d’acter les grandes étapes des processus comme pour la révision de la constitution togolaise adaptée aux besoins des populations togolaises. C’est à nous d’écrire notre destin avec le Président Faure. Soyons vigilants. Je dirai même qu’il serait légitime et inconditionnel que cette révision de la constitution togolaise soit portée comme une sorte de flambeau constitutionnel afin d’éviter une quelconque révision inopinée et donner à notre Président une réelle confiance de faire grandir notre pays.

Certains acteurs pensent que l’assemblée nationale actuelle n’est pas habileté à légiférer sur les textes et lois de la République arguant que son mandat est fini en décembre 2023. Quelle est votre interprétation juridique là-dessus ?

Que dit l’article 52 du Titre III du pouvoir législatif ? Nous devons toujours nous référer à cet article, puisqu’il s’agit en espèce de la légitimité ou non des députés à légiférer. Expliquons, et soyons pédagogues. Nous retrouverons au dernier paragraphe de cet article 52 du pouvoir du législatif ceci : « Les membres de l’assemblée nationale et du sénat sortants, par fin de mandat ou dissolution, restent en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de leurs successeurs. » Chaque mot a un vrai sens, et impacte l’interprétation objective que l’on doit avoir.

Arrivés en fin de mandat au 31 décembre dernier, les députés togolais ont tout à fait la responsabilité profonde d’exercer leur droit et bien entendu leur légitimité pour, non seulement siéger dans l’hémicycle togolais mais surtout faire leur devoir de légiférer. Faute de quoi, ce serait un désaveu de leur part, sur la confiance capitale que les électeurs ont placée en eux. Nous recherchons un Etat de droit. Nous y sommes. Alors soyons objectifs sur tous les aspects de droits et devoirs pour la destinée vraie de la nation togolaise. Évitons les tromperies aux peuples quand cela nous arrange. Les vrais textes de notre constitution en vigueur sont bien respectés. L’opposition togolaise ne doit pas s’arroger le monopole de toujours critiquer systématiquement les actions gouvernementales et ou de l’assemblée nationale même si elle est dans son rôle. Soyez justes et honnêtes avec de la modestie. C’est irrespectueux envers le peuple togolais et c’est honteux.

Quelles seront les retombées positives si jamais, le Togo revient sur un régime parlementaire ?

Dans un premier temps, soyons pragmatiques et francs envers nous-mêmes. Nous avons aujourd’hui fait du chemin. La décentralisation des pouvoirs, amorcée par le Président Faure, qui a été critiqué à tort par l’opposition. Cette même opposition est aujourd’hui bien installée comme cheffe de plusieurs communes dans des bâtiments publics en adéquation avec la politique menée. Avec ces élections municipales ou communales, quels en sont les bénéfices pour nos populations ? Je constate la création des emplois directs et indirects. A ce jour, c’est devenu un acquis pour nous et pour nos populations qui peuvent s’affirmer à travers la politique localement développée, et elles le font bien. N’oublions pas non plus la suite qui nous amène donc aux élections régionales bientôt dans à peine un mois : le 20 avril, à une semaine de la commémoration de notre fête de l’indépendance. Est-ce un signe pour un renouveau politique, un destin politique ?

Le régime parlementaire dont il est question par la révision constitutionnelle est par définition le partage des pouvoirs, si le résultat escompté n’est pas au rendez-vous le parlement pourrait se réunir pour défaire le Président de ses fonctions. Ce qui sera nouveau dans nos habitudes des choix politiques à faire par l’exécutif, la cohabitation politique qui aimerait un choix électif d’un Président de la République par le parlement peut-être majorité ou non, mais un choix électif du chef de gouvernement, contraire au choix du Président selon leur classe politique comme ce fut le cas en 2002 en France entre CHIRAC (Président) et JOSPIN (1er Ministre). Un équilibre naturel en termes de partage des pouvoirs s’installera.

La proposition de loi visant ce basculement vers un régime parlementaire par certains députés de notre assemblée nationale en décembre dernier est risquée mais avec de belles perspectives pour notre jeunesse et sa nouvelle vision. Il sera donc incontournable d’être convaincu dans les choix des urnes de nos citoyens lors des élections législatives qui seront désormais le début de l’avenir des populations sur 7 ans. Et pendant ce septennat les élus, exécutif et législatif, auront l’occasion d’exprimer et d’acter les vrais mots de leurs campagnes. Je suis reconnaissant envers la nouvelle vision fondamentale de notre politique, d’abord avec notre parti UNIR, mais aussi envers les députés et envers notre chef de l’État.

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