Coupe de l’indépendance / Les Requins mâles domptent l’ASCK au bout du suspense

Le football d’élite était à l’honneur à l’occasion du 66e anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale. Après avoir respectivement éliminé Unisport et l’ASKO, l’Association sportive des chauffeurs de la Kozah (ASCK) et les Requins mâles (AS Gbohloe-Su) se sont retrouvés en finale de la Coupe de l’indépendance ce 27 avril 2026. Une affiche qui constitue un remake de la finale de 2024, remportée à l’époque par l’ASCK. C’est donc dans un état d’esprit revanchard que les Requins mâles ont entamé cette rencontre.

Dès les premières minutes, l’intensité est à son comble. Sur une relance lumineuse d’Ouro Sama Hakim, Gbohloesu déclenche une folle offensive sur l’aile gauche, conclue dans la surface par une frappe à bout portant. Mais le portier Mensah Ekoue, impérial, dévie magistralement. Le signe que rien ne sera simple.
Le milieu de terrain se transforme rapidement en champ de bataille. Mais Bastou Djibril et Victor Mensah imposent leur loi, actant une domination nette des Requins mâles. En face, l’Asck tente quelques projectiles offensifs, mais bute sur une défense regroupée autour du duo Ouro Sama Hakim – Antoine Anide, aussi imperméable qu’une muraille.

À la 15e minute, sur une action rondement menée, Germain Agadji prend de vitesse son vis-à-vis et dépose un centre dans les pieds de Bastou Djibril. Ce dernier reprend instantanément des 18 mètres, mais Mensah Ekoue repousse encore. Dans la foulée, une contre-offensive de l’Asck : Yendoubouame Yabouri trouve sur le flanc droit Jules Aziamale, qui fonce dans la surface, avant d’être stoppé net par la patrouille blanche dirigée par Hakim Ouro-Sama.
À la 26e, une combinaison entre Jules Aziamale et Arnaud Komlavi secoue le public. Arnaud, pas dans ses beaux jours, délivre une puissante frappe croisée qui passe légèrement à côté du montant droit de Tondoro Cissé. Peu après, Dodzi Amekoudi, blessé, laisse les siens, remplacé par Sadate Kpelafia.
Gbohloesu monte en pression. Meilleur quadrillage du terrain, surexploitation des couloirs où brillent Frédéric Segbena et Germain Agadji. De son pied gauche, le virevolant Agadji envoie deux centres parfaitement liftés (35e, 37e), mais conclus par deux têtes non cadrées.

Seconde période : l’Asck réagit, Gbohloesu résiste

La pause sonne comme un tournant. Dès la reprise, le coach Ametokodo Messan joue toutes ses cartes, opérant deux changements avec les entrées d’Essotolom Abalo et de Marouf Ouro Tagba. Signes de fragilité, mais aussi de détermination, puisque ce sont les chauffeurs qui se montrent les plus mordants, s’installant dans la moitié de terrain adverse.
Gbohloesu ne reste pas apathique, elle subit le déferlement offensif des Bleus, mais affiche une grande capacité de déploiement offensif. À la 57e, Ouro Sama Hakim, à la réception d’un ballon en pleine surface, s’élève plus haut que toute la défense, mais sa tête est mal ajustée.
Sur un de leurs assauts offensifs, les Chauffeurs de la Kozah ripostent à la 67e par une relance prometteuse dans le dos de la défense des Requins mâles, qui doivent leur salut à Tondoro Cissé sorti de ses cages pour enrayer le danger, grâce à une lecture de jeu clinique.

A la 70e, lancé par le métronome Bastou Djibril (désigné Homme du match), Agadji Germain se joue de la défense, entre dans la petite surface, mais se mélange les pinceaux, ratant le geste efficace qui aurait pu faire basculer le match. À la 77e, sur une perte de balle en milieu de terrain, Marouf Ouro-Tagba, voyant le gardien légèrement avancé, place un lob astucieux. Le ballon tutoie le montant droit de Tondoro Cissé. Frisson dans les travées.
Gbohloesu répond à la 81e par une contre-offensive ultra-rapide, mais Germain Agadji négocie mal son avantage, alors qu’il avait l’opportunité de s’offrir les buts vides en éliminant le portier d’un crochet.

La délivrance aux tirs au but

Malgré les derniers changements tactiques de Bonfoh Arimiyaou, avec les entrées d’Abdoul Razak Kouadio et de Bassory Tanou à cinq minutes de la fin du match, le score est resté vierge jusqu’au coup de sifflet final. C’est donc la redoutable épreuve des nerfs, les tirs au but, qui a scellé le sort de cette finale.
Au bout du suspense, les Requins mâles se sont montrés les plus précis, l’emportant 5 tirs au but à 4. Cette victoire héroïque permet à Gbohloesu de s’emparer de la Coupe de l’Indépendance, le tout premier de son histoire, qui vient ainsi garnir son famélique palmarès. De quoi rendre euphorique le technicien Bonfoh Arimiyaou.
Pour Aného, le rêve est devenu réalité !