Grand Angle / Comment le Maroc s’érige en centre de gravité du football mondial

À l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine, programmée du 25 juillet au 16 août 2026, le Royaume chérifien confirme son statut de place forte du sport international. En s’appuyant sur une vision royale à long terme, des investissements colossaux et une stabilité institutionnelle remarquable, le Maroc a méthodiquement transformé son territoire en un hub footballistique incontournable. De la CAN U17 qui est en passe de s’y achever aux perspectives grandioses de la Coupe du monde 2030, retour sur une décennie d’hégémonie organisationnelle.

Une décennie de montée en puissance : l’art de l’accumulation stratégique

Le virage structurel s’est amorcé de façon éclatante en 2018 lorsque le pays a abrité le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), gravant une première historique : la victoire de la sélection locale sur ses propres terres face au Nigeria (4-0). Mais c’est au cours des quatre dernières années que le Maroc a véritablement changé de dimension, enchaînant les compétitions majeures à un rythme effréné :

  • Juillet 2022 : organisation de la CAN Féminine, une édition historique portée à 12 équipes qui a pulvérisé tous les records d’affluence et révélé le potentiel des Lionceaux de l’Atlas au monde.
  • Février 2023 : accueil de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA. La victoire du Real Madrid à Rabat a offert une vitrine planétaire aux infrastructures marocaines.
  • Juillet 2025 : yenue de la CAN Féminine 2024 (reportée), confirmant la régularité logistique du pays.
  • Décembre 2025 – Janvier 2026 : accueil de la prestigieuse CAN masculine senior, un tournoi d’envergure nationale déployé dans des stades ultramodernes entièrement rénovés.
  • Mai 2026 : organisation de la CAN U17 (qui se clôture le 2 juin), réaffirmant le rôle d’incubateur du football des jeunes joué par le Royaume.

Avec la CAN Féminine de l’été 2026 qui profile à l’horizon, le Maroc s’apprête à signer un exploit inédit : devenir la première nation africaine à accueillir trois éditions consécutives du tournoi continental majeur des dames.

L’infrastructure et la formation : les secrets du laboratoire marocain

Ce succès ne doit rien au hasard. Il repose sur le développement d’un écosystème d’excellence, symbolisé par le Complexe Mohammed VI de Football à Maâmora, une infrastructure de niveau mondial qui sert de modèle à l’échelle internationale.

En investissant massivement dans les compétitions de jeunes et le football féminin, le pays s’est vu confier par la FIFA l’organisation de la Coupe du Monde Féminine U17 2025. Le Maroc ne se contente plus de postuler ; il s’impose comme le partenaire de confiance des instances internationales pour tester et sublimer les nouveaux formats de compétition.

La base arrière du football mondial

Au-delà des projecteurs des tournois officiels, le Royaume opère une diplomatie du football particulièrement efficace. Rabat, Marrakech, Tanger et Agadir sont devenues les bases arrières privilégiées de nombreuses sélections africaines et mondiales pour leurs mises au vert.

Grâce à des accords de coopération bilatéraux, le Maroc met ses infrastructures de pointe à la disposition de nations sœurs privées de stades homologués, consolidant ainsi son rôle de pivot de la solidarité Sud-Sud.

2030 en ligne de mire : l’horizon de la consécration

Le point d’orgue de cette trajectoire vertueuse est déjà acté : la co-organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2030 aux côtés de l’Espagne et du Portugal.

Ce projet transcontinental vient sceller la reconnaissance ultime du savoir-faire marocain. En l’espace d’une décennie, le pays est passé du statut de nation passionnée à celui de garant de l’excellence organisationnelle du football mondial, abordant les prochaines échéances avec des certitudes techniques et une ambition désormais sans limites.