Au lendemain de l’officialisation de son départ de Manchester City, le technicien catalan est la cible d’un projet pharaonique orchestré par Rabat. Pour asseoir son statut de superpuissance footballistique émergente et préparer son Mondial 2030, le Royaume chérifien déploie ses arguments face aux pétrodollars du Golfe et aux géants d’Europe. Décryptage d’une ambition sans limites.
C’est le clap de fin d’une ère hégémonique. Le vendredi 22 mai 2026, Manchester City et Pep Guardiola ont officialisé la fin d’une aventure de dix saisons qui aura redéfini les standards du football moderne. À peine les valises du stratège catalan bouclées, la planète football est entrée en ébullition. Si l’ancien mentor du Barça clame son envie de s’accorder une année sabbatique pour s’extirper de l’essoreuse médiatique des clubs, son ambition d’embrasser, à terme, un destin international à la tête d’une sélection nationale est un secret de Polichinelle.
Dans cette course contre la montre qui affole les chancelleries sportives, un acteur avance ses pions avec une audace décomplexée : le Maroc. Selon les révélations du quotidien catalan Sport, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) suit le dossier de très près. Plus qu’un simple coup de communication, cette piste incarne la volonté de Rabat de basculer définitivement dans l’aristocratie du football mondial.
Le plan secret de la FRMF : écrire l’histoire avant 2030
Depuis l’épopée de Doha en 2022, le Maroc ne se voit plus comme un simple outsider, mais comme le porte-étendard d’un continent et d’un monde arabo-berbère en pleine mutation. Alors que les Lions de l’Atlas s’apprêtent à disputer le Mondial nord-américain sous la houlette de Mohamed Ouahbi, les dirigeants de la FRMF voient à plus long terme. L’horizon est clair, presque sacré : la Coupe du Monde 2030, co-organisée à domicile avec l’Espagne et le Portugal.
Pour ce rendez-vous historique, le Royaume cherche un bâtisseur, un architecte capable d’installer durablement le Maroc au sommet de la hiérarchie mondiale. Guardiola coche toutes les cases. Sa philosophie de jeu, axée sur la possession, la rigueur technique et l’intelligence collective, épouserait à merveille l’ADN technique des binationaux et des talents locaux issus de l’Académie Mohammed VI.
Pourquoi le Maroc a les arguments pour séduire Pep
Face aux offres stratosphériques de l’Arabie saoudite, qui s’apprête à dégainer un pont d’or estimé entre 80 et 90 millions d’euros annuels, ou des Émirats arabes unis, le Maroc ne s’alignera peut-être pas sur la seule surenchère financière. Le Royaume dispose d’atouts structurels et immatériels bien plus séduisants pour un esthète du football :
• Des infrastructures de classe mondiale : le Complexe Mohammed VI de Football à Maâmora rivalise avec les centres de performance de l’élite européenne (Real Madrid, Manchester City). Guardiola y trouverait un outil de travail ultra-moderne, propice à l’exigence du très haut niveau.
• Un vivier de talents exceptionnel : diriger une génération dorée, mêlant des cadres de classe mondiale évoluant dans les plus grands clubs européens et de jeunes pépites prêtes à éclater, offre un défi sportif bien plus stimulant que les championnats du Golfe.
• La proximité culturelle et géographique : à moins de trois heures de vol de Barcelone, le Maroc offre un cadre de vie idoine pour un Guardiola très attaché à ses racines méditerranéennes, loin du dépaysement total de la péninsule arabique.
« Le Maroc ne cherche pas seulement un entraîneur, il cherche le grand maître à penser de sa révolution footballistique pour en faire la vitrine de son émergence globale », confie une source proche du dossier.
Une concurrence féroce sur l’échiquier mondial
Le chemin menant à la signature du Catalan s’annonce toutefois semé d’embûches. Outre les sirènes financières du Golfe, l’Europe du football n’a pas dit son dernier mot. En Italie, l’AC Milan et la Juventus de Turin rêvent d’amorcer un nouveau cycle vertueux sous ses ordres. Plus pressant encore, la Fédération anglaise (FA) garde un œil sur lui, prête à lui confier les Three Lions en cas de contre-performance de Thomas Tuchel lors du Mondial qui débute le mois prochain.
Le Maroc parviendra-t-il à convaincre Pep Guardiola de renoncer à sa pause ou de la consacrer à l’étude du football marocain ? En s’invitant à la table des négociations pour le technicien le plus convoqué de la décennie, Rabat prouve en tout cas une chose : dans le football comme dans sa diplomatie globale, le Royaume ne s’interdit plus aucun rêve de grandeur.

