Projet LRAP : Kodjo Adedze place la réforme foncière au cœur de l’action publique au Togo

La réforme foncière demeure un levier essentiel pour le développement agricole et la stabilité sociale au Togo. C’est le message central porté par le ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme et de l’habitat, Kodjo Sévon-Tépé Adedze, lors d’un atelier national consacré au Projet de réforme foncière pour l’accroissement de la productivité agricole (LRAP), organisé le 6 mars 2026 à Lomé.

En ouvrant les travaux de cet atelier national de consultation, Kodjo Sévon-Tépé Adedze a tenu à situer l’enjeu au-delà de la simple technique administrative. Pour lui, la transformation du paysage foncier togolais est un levier de souveraineté et de croissance.

« La réforme foncière constitue l’une des priorités des politiques publiques au Togo », a-t-il martelé devant un auditoire composé de chefs traditionnels, d’élus locaux et de partenaires au développement.

Selon le ministre, l’objectif du gouvernement est limpide : instaurer un climat de confiance en sécurisant les droits de chacun, condition sine qua non pour réduire drastiquement les litiges et catalyser les investissements dans le secteur agricole. Il a, par la même occasion, exprimé la gratitude de l’État togolais envers le gouvernement américain et le Millennium Challenge Corporation (MCC) pour leur appui crucial via le programme Seuil.

LRAP : Un laboratoire de solutions locales

Financé par le MCC et mis en œuvre par l’OMCA-Togo, le projet LRAP a servi de banc d’essai dans cinq communes stratégiques (Zio 4, Wawa 2, Tchamba 3, Dankpen 2 et Oti Sud 2). Pour Mme Jeanne Bougonou, Directrice générale de l’OMCA-Togo, ces expérimentations ont prouvé que les populations rurales sont en attente de solutions concrètes pour protéger leur patrimoine.

Le projet s’est articulé autour de quatre piliers techniques : la cartographie précise et le géo-référencement des parcelles, le déploiement d’un système d’information foncière moderne, l’enregistrement formel des droits fonciers et la mise en place de mécanismes communautaires pour la gestion des conflits.

Pour une justice sociale et une stabilité durable

Le volet humain de la réforme a été particulièrement souligné par le Dr Komlan Théodore Edoh, directeur de cabinet du ministère. Il a noté que le dialogue communautaire a permis de dénouer des conflits ancestraux qui freinaient jusqu’alors le développement de certaines localités.
Cette dimension identitaire a été relayée par Togbui Djidjoli, président du Comité consultatif national, pour qui la terre représente bien plus qu’une ressource économique : « Elle est une mémoire et une identité ».

En sécurisant ce lien, la réforme foncière défendue par le ministre Adedze vise donc la stabilité sociale à long terme.

Les défis de la pérennisation

Alors que le financement américain connaît une phase de suspension, cet atelier de Lomé prend des allures de « conseil de guerre » pour la survie des acquis. Les participants sont appelés à capitaliser sur les succès du projet LRAP afin de définir une stratégie nationale autonome.
L’enjeu est désormais de passer de l’expérimentation à une généralisation des bonnes pratiques sur l’ensemble du territoire national, conformément à la vision de modernisation portée par le gouvernement.

Yves Galley