Tribune/ Politique : l’Afrique des paradoxes

De Innocent Pato

Le Nigeria est toujours infesté des éléments de Boko Haram qui sèment la terreur. Devant la CEDEAO, le théâtre bissau-guinéen semble suivre son cours sans véritable issue. Au Bénin, quelques bruits de bottes suffisent à troubler un dimanche que l’on croyait trop calme… et déjà, la main magique entre en action.

« L’aviation nigériane a bombardé un camp militaire à la sortie de Cotonou », annonce Radio France Internationale (#RFI). Mais la radio ne dit mot sur la coordination réelle de cette opération, encore moins sur l’ampleur des dégâts. En réalité, l’essentiel semble être ailleurs : sauver l’ami Talon, peu importe le prix à payer.

Question pourtant banale, mais essentielle : le Nigeria est certes une puissance militaire, mais à voir la célérité avec laquelle les choses se sont déroulées, n’y a-t-il pas lieu de douter d’une telle promptitude spontanée du géant ouest-africain ? Disposant d’une telle capacité de projection, pourquoi le cas de la Guinée-Bissau n’a-t-il pas suscité la même réactivité, le même émoi, la même démonstration de force ?

D’où cette interrogation qui dérange : la main de la France ?

De toutes les missions diplomatiques présentes à Cotonou, seule l’ambassade de France a publié un communiqué demandant à ses ressortissants de rester confinés. Simple précaution diplomatique ou signe d’une implication plus profonde dans les opérations en cours ? La question reste posée, et l’Afrique, encore une fois, observe ses paradoxes avec inquiétude.