Manifestation anti-constitution : Fabre, Gogue et Wolou vont braver l’interdiction, le gouvernement met en garde

L’on assiste à un échange épistolaire spectaculaire ces jours-ci entre le ministre en charge de l’Administration territoriale et un groupe de leaders de l’opposition planifiant des  manifestations contre l’adoption de la Constitution ouvrant  la Ve République.

Les manifestations annoncées sont prévues pour les 11, 12 et 13 avril 2024, d’après les premières informations transmises au ministre Hodabalo Awate de l’Administration territoriale, de la décentralisation et du développement des territoires. Mais la réponse de ce dernier, contenue dans la lettre V/L N°0307/MATDDT-SG-DLPAP-DAPA du 8 avril, interdisait la manifestation pour des motifs de délais non respectés au chapitre des formalités.

Dans un courrier-réponse en date du 09 avril, les signataires, Jean-Pierre Fabre de l’ANC, Tchaboure Gogue de l’ADDI et Wolou Komi du PSR opposent une réplique de défiance, annonçant clairement leurs intentions de maintenir les manifestations, du moins pour les 12 et 13 avril.

“S’agissant des prétendues inobservations des délais, nous considérons que votre décompte des jours est inexact. Même à supposer que vous ayez rasion pour la date du 11 avril, nous rappelons que les manifestations sont prévues également pour les 12 et 13 avril 2024 à partir de 08 heures, dates pour lesquelles vous ne pourriez nous opposer aucune objection. Pour toutes ces raisons, nous maintenons nos manifestations pour les 12 et 13 avril”, précisent les opposants.

L’itinéraire décliné est le suivant : départ Rond point Bè Gakpoto – Boulevard Malfakassa – Eglise des Assemblées de Dieu.

Mise en garde du gouvernement

La réaction du gouvernement togolais ne s’est pas fait attendre. Dans la soirée du 9 avril, un communiqué conjointement signé des ministres de la Sécurité et de l’Administration territoriale mettent en garde les organisateurs desdites manifestations.

“… des informations concordantes dignes de foi font état de ce que les organisateurs se seraient réunis et projettent : – de passer outre l’interdiction et de mettre au défi les forces de l’ordre et de sécurité ; – d’étendre la manifestation dans toute la ville en délogeant les élèves ; – et de s’attaquer systématiquement aux domiciles de députés préalablement ciblés. Le gouvernement relève qu’une telle attitude est susceptible de créer des graves troubles à l’ordre public et d’entrainer des atteintes inadmissibles aux personnes et aux biens. Afin d’éviter de mettre en péril la sécurité des citoyens et de leurs biens, le gouvernement invite les organisateurs à la retenue et au respect des normes républicaines. Les éventuels contrevenants répondront de leurs actes conformément aux lois de notre pays”.

La situation ne présage guère un  déroulement serein des manifestations si elles étaient maintenues, ce dont le Togo n’a pas besoin en cette période si sensible. Aucun togolais ne doit verser son sang pour paver la voie à une nouvelle constitution.