FTF/ Orthodoxie financière : le socle du renouveau du football togolais

Grâce à une gouvernance financière exemplaire, la Fédération togolaise de football (FTF) trace, sous l’égide du colonel Guy Akpovy, les sillons d’une modernisation sans précédent du football togolais. Jadis fragilisée par une gestion chaotique des fonds alloués, l’institution a connu un changement de paradigme, adoptant l’orthodoxie financière comme principe cardinal d’une gestion vertueuse. Ce renouveau éthique, qui inclut un système de comptabilité moderne rigoureux, des audits réguliers menés par des cabinets prestigieux, a restauré la confiance des partenaires financiers internationaux, y compris la FIFA et la CAF. Les fonds reçus désormais irriguent une politique de développement ambitieuse concrétisée par la construction d’infrastructures majeures et un financement régulier des championnats nationaux.

Après les travaux de réhabilitation et de pose de gazon synthétique sur les terrains régionaux (Atakpamé, Sokodé et Kara), la construction d’un bloc administratif et technique destiné à décongestionner les bureaux au siège de la FTF, le comité exécutif de la FTF poursuit son immense chantier de transformation du football togolais. Le 8 avril 2025, en grande pompe, a été posée la première pierre du CTNF à Gbave, dans la commune Zio 2.

« Ce que vous inaugurez aujourd’hui transcende la simple érection d’un édifice ; il marque l’aube d’une ère nouvelle pour le football togolais », déclarait avec emphase Gianni Infantino.

Un peu plus de trois mois plus tard, précisément le 28 juillet, la première phase du projet est bouclée : réception provisoire du terrain de football. Ce projet pharaonique symbolise la relation fructueuse qui lie désormais la faîtière nationale et les instances internationales de football, toutes désormais alignées derrière le Togo comme des étoiles autour de la lune. Car là où régnaient jadis l’opacité et la gabegie, brille aujourd’hui l’orthodoxie financière, érigée en principe sacrosaint de gouvernance.

Changement de paradigmes

Pour la première fois depuis sa création en 1960, après son affiliation à la FIFA en 1962 et son admission à la CAF en 1963, la FTF réalise une si grande performance infrastructurelle en quatorze présidences. Des mandats de Godfried Foli Ekue à Séyi Memene, de Tata Adaglo Avlessi à Gabriel Mawulawoè Ameyi, jusqu’à l’ère marquante de Rock Balakiyem Gnassingbé, jamais le football togolais n’a connu pareil élan bâtisseur.

Des limbes d’une léthargie de quinze mois caractérisée par l’arrêt des championnats nationaux avait surgi Guy Akpovy en 2016, tel un deus ex machina, pour insuffler l’oxygène de la régénération à un football dont le pronostic vital était quasiment engagé. Et depuis, chaque franc engrangé par la FTF est une graine semée pour moissonner l’excellence.

C’en est fini des détournements de fonds, les combines mafieuses qui flétrissaient le développement du football tout en hypothéquant l’avenir des jeunes talents. Ce renouveau éthique, incarné par un changement radical de paradigmes, a su reconquérir la confiance des bailleurs, rallumer la flamme de l’espoir et de la confiance des acteurs locaux, dessinant aujourd’hui les lueurs d’une aube radieuse.

La FTF se pare ainsi des atours d’une gestion exemplaire où transparence, inclusivité et redevabilité ne sont plus de vains concepts, mais des piliers sacrés d’une gouvernance responsable.

Vue perspective partielle du CTNF

Reddition des comptes

Conformément aux obligations statutaires, à chaque assemblée générale, le Comité exécutif de la FTF procède à une reddition des comptes rigoureuse, soumettant les états financiers et budgets à l’approbation unanime des délégués. Cette pratique est toujours respectée, comme en témoignent les approbations successives : les comptes 2019 et 2020 validés en 2021, les comptes 2021 et budget 2022 en 2022, une approbation remarquable en 2023 pour les comptes 2022 et un budget 2023 de 3,2 milliards de FCFA. Plus récemment, en mai 2025, les délégués ont validé les comptes 2024 et l’ambitieux budget 2025 de 3, 845 milliards de FCFA.

Cette croissance maîtrisée, sur fond de transparence absolue, marque l’ascension méthodique d’une institution dorénavant réconciliée avec la saine gestion financière.

Un soutien accru aux championnat nationaux

La tenue régulière des championnats représente un gros défi financier insoupçonné que la FTF relève avec succès. Tenez, de 2021 à 2023, le montant total des subventions allouées par l’Etat aux clubs se chiffre dans le meilleur des cas à 180 millions FCFA par saison. Or, les championnats nationaux de première, deuxième divisions et féminin, saison sportive 2021-2022, ont globalement coûté à la FTF 500.531.342 francs CFA dont 94.500.000 apportés par l’Etat. La bagatelle de 406.031.342 FCFA a été alors mobilisée par la FTF sur fonds propres.

Les championnats nationaux D1, D2, D3 et féminin, saison sportive 2022-2023, ont globalement coûté à la FTF la somme de 661,028,977 francs CFA dont 178,750,000 apportés par l’Etat, et donc 482,278,977 FCFA injectés par la FTF sur fonds propres. Le budget d’organisation des championnats nationaux D1, D2, D3, D1 féminine et Coupes, saison sportive 2023-2024, est évalué à 800.000.000 francs CFA dont 173.000.000 attendus de l’Etat. La FTF aura apporté au moins 627.000.000 FCFA complémentaires avec l’appui des partenaires et sponsors.

Le budget d’organisation des championnats nationaux D1 (343 000 000 FCFA), D2 (202 000 000 FCFA), D3 (78 000 000 FCFA), D1/D2 féminins (108 000 000 FCFA et 52 000 000 FCFA respectivement) et Coupes, saison sportive 2024-2025, est évalué à 988 000 000 francs CFA dont 293.800.000 FCFA attendus de l’Etat togolais, la FTF devant apporter 694 200 000 francs CFA complémentaires avec l’appui des éventuels partenaires et sponsors. Ce budget inclut également les compétitions de jeunes (30 000 000 FCFA), les Coupes du Togo et Indépendance (50 000 000 FCFA), la Super Coupe (5 000 000 FCFA) et les frais d’organisation (120 000 000 FCFA). Ces derniers frais comprennent notamment l’Assurance des compétions D1 ; D2 ; D3 et championnats féminins ; les matériels (trophées, médailles, ballons) ; les formations des acteurs et autres frais.

« Cette année, le ministère des Sports et des loisirs a alloué à la FTF un budget total de 293,8 millions de FCFA pour soutenir les clubs, répartis comme suit : 140 millions pour les clubs de D1, 80 millions pour la D2, 48 millions pour la D1 féminine (DF1), et 25,8 millions pour les indemnités des staffs techniques (hors sélections A et A’) », précise le secrétaire général de la FTF, Hervé Agbodan

Une analyse des budgets des championnats nationaux entre 2021 et 2025 révèle une collaboration financière solide entre la FTF et l’État. Sur cette période, la FTF a été le moteur principal du financement, contribuant en moyenne à 75,7 % des coûts totaux, tandis que l’État a fourni les 24,3 % restants. Les budgets successifs ont connu une croissance remarquable de 97,5 % en quatre ans, passant de 500,5 millions à 988 millions de FCFA.

En clair, en quatre ans, la FTF a investi plus de 2,2 milliards de FCFA pour les compétitions masculines et féminines, contre 740 millions de FCFA de l’État. Mais il est important de noter que l’État, en plus de sa contribution aux championnats, prend également en charge les dépenses considérables des équipes nationales.

« Un match de l’équipe nationale, ce n’est pas moins de 200 millions », souffle Hervé Agbodan.

 

Les clubs justifient leurs dépenses

Par ailleurs, la FTF a instauré un contrôle rigoureux des subventions aux clubs, les obligeant à justifier leurs dépenses. Les pratiques d’antan, où l’allocation de subventions aux clubs s’opérait dans un laxisme notoire sont révolues. La FTF exerce à présent une surveillance rigoureuse. Les bénéficiaires, astreints à une justification scrupuleuse de leurs dépenses, sont désormais liés à la FTF par une convention de financement. Ce dispositif, éminemment efficace, érige la transparence en principe cardinal dans l’utilisation des ressources allouées.

« La FIFA, dans le cadre de son programme de développement Forward 3.0, a mis en place des normes rigoureuses pour garantir une bonne gouvernance et une utilisation transparente des fonds au sein de ses associations membres. La FTF, en tant que membre de la FIFA, se doit de se conformer à ces nouvelles exigences », explique M. Agbodan.

Vue partielle du Bloc administratif de la FTF

Les supervisions financières

Soucieuse d’une gestion efficace des fonds, la FIFA soumet la FTF annuellement à une double évaluation rigoureuse. L’audit statutaire, mené avec expertise par un cabinet indépendant, dont les conclusions sont scrupuleusement portées à la connaissance des délégués lors des congrès ordinaires, constitue le premier pilier de cette évaluation. Le second est l’audit central diligenté par la FIFA elle-même, qui mandate un cabinet international de renom pour examiner en profondeur les comptes de la FTF. Ainsi, en 2020 et 2021, la probité financière de l’instance togolaise fut scrutée par le cabinet béninois Mazars, tandis qu’en 2022, c’est la firme suisse PWC qui fut investie de cette mission cruciale. Force est de constater qu’aucune de ces investigations n’a révélé la moindre malversation, les quelques imperfections mineures observées ayant été promptement rectifiées par l’application stricte des recommandations formulées.

C’est d’ailleurs en vertu des recommandations éclairées de ces auditeurs que la FTF a entrepris des mesures décisives pour réduire significativement les transactions en espèces, illustrées notamment par l’instauration du paiement par téléphonie mobile des acteurs essentiels tels que les arbitres et les commissaires de match. In fine, la pérennité du soutien financier accordé par la FIFA à la FTF, qu’il s’agisse de son fonctionnement courant ou de ses ambitieux projets de développement, atteste éloquemment de la constante transparence qui caractérise la gestion financière, validée par des audits systématiquement probants.

La gestion saine des finances constitue le moteur essentiel du développement du football. L’équipe « Nouvel Elan » s’est bien approprié cet axiome et en a fait la pierre angulaire de son action. Toute défaillance à cet impératif aurait immanquablement entaché son mandat de sanctions répétées de la part des partenaires financiers, engendrant l’instabilité et le réveil du spectre des crises latentes, à commencer par une division ostensible au sein même du Comité exécutif comme on en a connu par le passé.

La solidarité et l’union sacrée manifestées par les membres de ce comité autour du président Guy Akpovy attestent de manière irréfutable une gestion à la fois inclusive et transparente, terreau fertile pour la mise en œuvre efficiente du programme de « Nouvel Elan ».

La voie est désormais ouverte pour un football togolais modernisé et plus compétitif.

Yves Galley