CAN 2025 / Hakimi : une prise de parole mesurée mais ferme, revendiquant la victoire du Maroc

Le feuilleton judiciaire autour de la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc dépasse désormais le cadre sportif pour devenir une question de principe. Alors que le Tribunal arbitral du sport (TAS) s’apprête à rendre une décision très attendue, les arguments en faveur des Lions de l’Atlas apparaissent de plus en plus solides.

Lorsque la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de retirer la victoire au Sénégal pour la réattribuer au Maroc, elle ne l’a pas fait à la légère. Cette décision reposait sur des incidents jugés contraires à l’éthique sportive et à l’intégrité de la compétition.

Dans toute compétition de haut niveau, le respect des conditions de jeu est essentiel. Or, les événements survenus lors de cette finale ont profondément altéré le déroulement normal de la rencontre. Des circonstances extérieures sont venues fausser l’équité d’un match aussi crucial.

Si le score sur le terrain a souri aux Lions de la Teranga, le comportement de l’équipe sénégalaise a ouvert une brèche réglementaire dans laquelle, royalement, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) s’est engouffrée pour faire valoir ses droits.

Au-dessus de l’émotion : le plaidoyer d’Achraf Hakimi

S’exprimant avec une lucidité remarquable au micro de Movistar, Achraf Hakimi, capitaine emblématique des Lions de l’Atlas et latéral du PSG, n’a pas cherché à occulter les tensions du match, mais a recentré le débat sur l’essentiel : l’image et l’intérêt du football continental.

“Ils évaluent les mesures à prendre, et nous espérons qu’une décision sera prise dans l’intérêt du football et de l’Afrique. Nous espérons gagner, car nous le méritons et on ne peut pas quitter un terrain dans un tel état.”

Cette déclaration résume parfaitement la posture marocaine : une volonté de justice, non de polémique.

Un fondement réglementaire inattaquable

Le droit du sport est formel : l’abandon de terrain est une faute grave. L’article 82 des règlements de la CAN prévoit la disqualification immédiate pour toute équipe refusant de poursuivre la partie. En déclarant le Sénégal “forfait” le 17 mars dernier, la CAF n’a pas fait de cadeau au Maroc ; elle a simplement appliqué une règle destinée à protéger le football contre le chaos.

Accepter qu’une équipe puisse se retirer aux vestiaires, interrompre une finale mondiale pendant dix minutes, puis revenir sans sanction majeure exemplaire, créerait un précédent dangereux. Comme le suggère Hakimi, une décision en faveur du Maroc serait une décision « dans l’intérêt du football », car elle réaffirme qu’aucune équipe, aussi prestigieuse soit-elle, n’est au-dessus des lois du jeu.

Le mérite sportif du Maroc

Le Maroc ne réclame pas ce titre par opportunisme administratif, mais par mérite structurel. Tout au long de la compétition, les Lions de l’Atlas ont fait preuve d’un professionnalisme sans faille, respectant l’adversaire et les officiels, même dans l’adversité.

Les initiatives judiciaires engagées ne sont donc pas une tentative de “voler” un trophée, mais un combat pour l’équité. Le message envoyé par le Maroc est clair : le titre de champion d’Afrique doit revenir à l’équipe qui a su allier performance technique et respect scrupuleux des textes et de l’institution CAF.

En attendant le verdict, le royaume chérifien reste serein, convaincu que la protection de l’image de marque de la CAF passera par la confirmation du forfait sénégalais.