L’expulsion d’un homme de 80 ans à Hédzranawoé a fait l’objet d’une alerte du MMLK (Mouvement Martin Luther King), qui dénonce un acte « qui fend le cœur ». Mais l’affaire est bien plus complexe.
Alors que le MMLK présente l’expulsion comme un acte de cruauté envers un vieil homme malade, les faits, tels qu’ils ont été établis en justice, révèlent une situation différente. Loin d’être une simple victime, l’homme en question, aujourd’hui âgé de 80 ans, impliqué depuis des années dans ce litige foncier, a tenté de contourner une décision de justice.
En effet, l’individu avait présenté un reçu d’achat datant de 1979 pour une parcelle de 11,43 ares. Cependant, les propriétaires légitimes du terrain, la Collectivité Agadji, contestent la validité de cette transaction et affirment que le reçu a été fabriqué en 2020. Un procès a eu lieu et la justice a tranché en faveur des propriétaires en décembre 2024.
Malgré cette décision de justice, les propriétaires, par compassion et suite à l’intervention de tierces personnes, ont fait preuve de bonne volonté. « Ils ont permis au vieil homme de conserver son bâtiment, en lui laissant une ouverture de trois mètres sur la parcelle », explique l’huissier en charge du dossier.
La situation va prendre une tournure inattendue. Plutôt que de se contenter de ce compromis, le vieux fait inscrire une cessation des travaux sur la parcelle que les propriétaires avaient récupérée. Il a également entamé une procédure pour immatriculer ce terrain, malgré le jugement qui lui était défavorable.
L’expulsion récente, dénoncée comme un acte de violence, est en réalité l’aboutissement de cette longue bataille juridique, une mesure prise pour faire respecter la décision de justice après le refus de l’occupant de se conformer à l’accord amiable qui lui avait été proposé.
Cette affaire met en lumière la complexité des litiges fonciers et souligne l’importance de prendre en compte la version des diverses parties vant de tirer des conclusions hâtives.

