Le Paraguay traverse une crise politique et financière majeure. Le président Santiago Peña a annoncé, jeudi 5 novembre, sa démission dans un contexte marqué par la faillite de la banque Ueno et le gel des avoirs de millions de clients.
La crise a éclaté quelques jours plus tôt, lorsque les autorités financières ont placé l’établissement sous procédure de résolution, évoquant une grave dégradation de sa solvabilité. Applications bancaires inaccessibles, cartes bloquées et agences fermées : la situation a rapidement provoqué la colère de nombreux épargnants, descendus dans la rue pour réclamer leur argent.
Au cœur de la polémique, les liens passés entre Santiago Peña et le principal groupe actionnaire de la banque ont alimenté les accusations de conflit d’intérêts. Ancien actionnaire, le président avait cédé ses parts en 2025, selon plusieurs médias.
Sa démission n’a toutefois pas mis fin à la tempête politique. La Chambre des députés a refusé de l’accepter dans l’immédiat et engagé une procédure susceptible de conduire à sa destitution, tandis que des accusations graves, notamment de corruption et de blanchiment, sont évoquées contre lui.
Pendant ce temps, l’incertitude demeure pour les clients de la banque Ueno. La Banque centrale a entamé le processus d’indemnisation via le mécanisme de garantie des dépôts, sans que l’ampleur des remboursements à venir ne soit encore clairement établie.
Pour ce pays d’Amérique du Sud, la crise bancaire s’est ainsi transformée en une épreuve politique dont les conséquences pourraient durablement secouer les institutions.
