Reconduit à la tête du Patronat de la presse togolaise (PPT), le directeur de publication du Correcteur incarne une rare exception dans le paysage associatif national de la presse : l’attachement strict aux règles démocratiques et un activisme acharné face aux pressions multiformes qui étouffent la profession.
Il est des figures discrètes dont l’action résonne avec la force d’un viatique. En ce mois d’octobre 2026, en cédant de nouveau au principe cardinal de l’alternance statutaire, les membres du Patronat de la presse togolaise (PPT) ont choisi la continuité de l’intransigeance en reconduisant Honoré Kokouda Adontui comme chef de file.
Ce choix nourrit la flamme de la permanence d’un engagement qui distingue une organisation atypique : là où des organisations de presse sœurs s’enlisent dans une léthargie complice ou un silence circonspect, le PPT s’impose par la voix et par l’action, sous l’égide de son président, comme le rempart le plus pugnace de l’indépendance et de la liberté d’informer au Togo.
Dans un contexte où l’exercice du journalisme s’apparente à la marche sur une ligne de crête : la presse ploie sous le poids d’adversités qui menacent jusqu’aux conditions mêmes de sa survie. À la crise persistante de la mévente s’ajoute l’assèchement du marché publicitaire, cette source vitale dont le tarissement précipite les rédactions dans une asphyxie financière toujours plus suffocante. Comme si cette précarité économique ne suffisait pas, les tracasseries fiscales et judiciaires viennent alourdir le fardeau d’une profession déjà fragilisée.
Face à ce climat délétère, le PPT s’affirme comme l’avant-garde d’une résistance décomplexée. Qu’il s’agisse de voler à la défense des confrères inquiétés par les tribunaux, de la fronde menée contre l’usurpation du titre de « média » par les influenceurs et créateurs de contenus numériques, ou de la production d’outils analytiques de référence comme le baromètre de la presse, l’organisation ne délègue jamais son courage, pour s’abandonner aux langueurs de l’inaction.
En refusant les compromissions et en militant pour une refonte profonde des textes régissant le secteur, Honoré Kokouda Adontui rappelle une exigence essentielle : la vitalité d’une démocratie se mesure aussi à l’étendue des libertés accordées à sa presse. Guidé par une exigence éthique et une détermination constante, le président du PPT fait de la défense des droits des journalistes, de la consolidation des acquis et du renforcement des mécanismes de protection de la presse un combat de chaque instant.
Yves Galley
