Nigeria: bienvenue dans l’enfer Tinubu

Bola Tinubu, nouveau président du Nigeria

A peine le soleil se lève sur son premier mandat et les Nigérians paient le prix fort de la toute première décision de leur président Bola Ahmed Tinubu, nouvellement porté au pouvoir.

Dans son discours à la nation à l’occasion de la “Journée de la démocratie du 12 juin”, le nouvel homme fort du Nigeria annonce la suppression effective de la subvention sur les produits pétroliers, après avoir averti ses compatriotes le 29 mai passé, jour de son entrée officielle en fonction.

Une décision qu’il juge nécessaire “pour empêcher le pays de sombrer“. Pour lui, la subvention, effective depuis l’an 2000, ne profite qu’aux riches, et lèserait particulièrement les pauvres.

Mais c’est plutôt la décision elle-même qui porte les germes de la catastrophe qui semble déjà s’installer, presque tous les secteurs économiques du pays étant sévèrement touchés.

Le prix du carburant, qui était de 185 nairas le litre dans ce pays, deuxième producteur de pétrole en Afrique pourtant, est passé à 488-557 nairas. Les répercussions dépassent même les frontières nigérianes; le Bénin, pays voisin, dépend énormément de l’essence de la contrebande venant du Nigeria.

« Ça coute actuellement 800, je cède le litre à 750 francs CFA. Avant, c’était à 500 », expliquent quelques vendeurs.

Soulignons que le Nigeria, malgré son statut de grand producteur de pétrole, importe la quasi-totalité de son carburant en raison du nombre insuffisant de raffineries, le même problème qui cause la ruine de bon nombre de pays africains incapables d’exploiter eux-mêmes leurs matières premières.

La décision de Tinubu a une conséquence directe, la flambée des prix des transports en commun bus, taxi et surtout taxi-motos. Au Nigéria, certains citoyens affichent déjà leur intention de démissionner de leurs postes, le salaire s’avère insuffisant pour couvrir les frais de transport en un mois.

Dans les ateliers de plusieurs artisans, le défaut d’électricité, un problème récurrent, impose le recours au carburant. Melson, une coiffeuse, affirme par exemple utiliser 25 litres d’essence par jour pour faire tourner les équipements de son atelier.

Cette première décision de Tinubu semble inaugurer une période d’enfer que les Nigérians doivent s’apprêter déjà à vivre et supporter.