Yawo Esse : “Prendre en charge à temps les premiers soins afin d’éviter les complications, c’est le but de cette action que l’ONG ACT-AFRIQUE mène chaque année au CHU SO”

Yawo Esse, président de l’ONG ACT-AFRIQUE

Les périodes de fin d’année sont marquées par l’insécurité routière avec son lot de victimes d’accidents de route dont la plupart sont confrontées aux difficultés de prise en charge après évacuation au CHU Sylvanus Olympio. Depuis 6 ans, l’ONG ACT-AFRIQUE, aux moyens pourtant restreints, s’échine à prendre en charge les premiers soins de ces victimes à travers le salutaire et louable projet : « SOS aux victimes des accidents de la voie publique en période des fêtes de fin d’année ». Yawo Esse, le président de cette ONG humanitaire, dans un entretien accordé à La Symphonie, revient sur le déroulement de ce projet, les sources de financement de son organisation, les difficultés rencontrées, tout en dressant le bilan des cinq premières années du projet. “En vue d’une bonne prise en charge des victimes d’accident au cours de cette 6è édition de notre projet, je lance un appel pressant à toutes les bonnes volontés qui veulent bien nous accompagner financièrement ou matériellement à nous venir en aide, car sauver une vie, à travers différents dons, surtout dans le cadre de notre projet, est une source de bénédictions, c’est une autre manière d’exprimer notre patriotisme en faisant vibrer les fibres de solidarité”, lance-t-il. Lire l’intégralité de l’interview.

La Symphonie : Bonjour monsieur le président. Décembre approche, votre organisation a un agenda humanitaire particulier en ce dernier mois de l’année. De quoi s’agit-il?

Yawo Esse : Bonjour La Symphonie. Tout d’abord permettez-moi de remercier Dieu tout-puissant qui nous a permis de nous rencontrer ce jour. Permettez-moi également de vous remercier au nom de tout le bureau exécutif de l’ONG ACT-AFRIQUE ainsi que de tous les membres pour l’importance que vous accordez à notre structure surtout pour la mise en place de cette action salutaire. Pour commencer, je vais définir ce que c’est que ACT-AFRIQUE. Et bien ACT-AFRIQUE est définie comme “Au Cœur du Togo et d’Afrique”.
Maintenant pour répondre à votre question, vous savez, depuis quelques années, on constate une recrudescence des accidents de la voie publique pendant la période des fêtes de fin d’année. Ce phénomène (accident) est lié à la mise en circulation dans notre pays et sur nos routes de plusieurs marques de motos et autres engins de dernière génération.
Les efforts consentis par les autorités togolaises et particulièrement celles en charge de la sécurité routière pour réduire les accidents sur les voies publiques par la mise en place d’une ligne téléphonique verte (N°17 et N°18) pour l’alerte des cas d’accident, les moyens d’évacuation et les émissions télévisées restent insuffisants pour sauver des vies humaines.
On constate malheureusement une augmentation de plus en plus des cas d’accidents et surtout pendant les fêtes de fin d’année entraînant des blessés graves, des morts et parfois des handicapés à vie. C’est dans l’optique de contribuer aux premiers soins post-accidents aux victimes sans accompagnants que l’ONG ACT-AFRIQUE a mis sur pied depuis décembre 2017 le projet dénommé «SOS aux victimes des accidents de la voie publique en période des fêtes de fin d’année».

Plusieurs facteurs tels que la conduite sous l’emprise de l’alcool, le non-respect de la limitation de vitesse, le non-respect du code de la route, l’état de certaines routes, le tout aggravé par le défaut de port de casque et de ceinture de sécurité, sont à l’origine d’accidents de circulation mortels.

Quels sont globalement les domaines d’intervention de votre ONG?
Nous intervenons dans le domaine de la santé, de l’eau et de l’assainissement.

Cela fait combien d’années vous menez ce projet d’assistance aux accidentés de la circulation?
Ce projet est mis sur pied depuis 5 ans, plus précisément il a démarré le 18 décembre 2017; nous serons à notre 6e édition en décembre 2022.

Qu’est-ce-qui vous a motivé à engager votre ONG dans une telle initiative?
Merci pour cette question vraiment importante. Tout d’abord je dirai que l’engagement de notre ONG dans une telle initiative s’inscrit dans l’optique de notre premier domaine d’intervention (la santé), d’où la nécessité d’intervenir pour aider ces victimes afin de leur apporter notre assistance. Vous savez, certains accidentés une fois évacués au CHU Sylvanus Olympio n’arrivent pas à acheter les médicaments prescrits pour les premiers soins. Ceci par faute de moyens financiers d’une part et d’autre part à cause de la difficulté à joindre à temps les parents ou la personne à prévenir. Il faut également noter des cas dénommés X.Y, qui sont carrément des inconnus. Ces situations limitent ou ralentissent la prise en charge des premiers soins, ce qui conduit à des complications chez certaines victimes, et chez d’autres, la mort, inévitablement, malgré la volonté et la disponibilité du personnel soignant qualifié du CHU Sylvanus Olympio. Je dirai que, pour résumer, prendre en charge à temps les premiers soins afin d’éviter les complications, c’est le but de cette action que l’ONG ACT-AFRIQUE mène chaque année au CHU SO, plus précisément au service des urgences chirurgicales.

Quel bilan peut-on établir après ces 5 années d’exercice?

Le bilan est positif puisque nous arrivons à atteindre nos objectifs malgré nos ressources financières limitées. A ce jour, l’ONG a pu aider 197 sur plus de 400 victimes nécessiteuses identifiées, sans oublier une enveloppe de 50 000 francs mise à la disposition du service des affaires sociales du CHU SO l’année dernière.

Comment financez-vous ces activités, vous devriez avoir beaucoup de partenaires, n’est-ce-pas?
Comme la plupart des ONG au Togo, la première difficulté est d’ordre financier. Nous n’avons aucun partenaire financier et toutes ces activités sont financées par la contribution des membres de l’organisation et certaines bonnes volontés.

Quelles autres difficultés rencontrez-vous dans l’exécution de ce projet?

Je dirai que chaque année nous rencontrons presque les mêmes difficultés. Entre autres, la durée d’attente avant la prise en charge des victimes. Elle est longue, ce qui fait retarder la réalisation des examens complémentaires voire l’achat des médicaments, la longue file d’attente et le manque de certains médicaments à la pharmacie sur place, l’impossibilité de réaliser certains examens au CHU Sylvanus Olympio notamment le scanner, l’identification des victimes nécessiteuses, la non coopération de certains membres du personnel soignant. A tout ceci s’ajoute la non prise en charge totale ou partielle de toutes les victimes nécessiteuses, or notre ONG est très limitée en termes de moyens matériels et financiers.
La contribution des membres et le petit apport des bonnes volontés ne permettent pas de couvrir tous les besoins réels chaque année en vue de soutenir toutes les victimes d’accidents de la route. Certaines victimes n’ont pas été prises en charge totalement du fait de ce manque de moyens, mais également du fait de la difficulté à retrouver leurs familles. Il nous a été toujours difficile de trier les victimes nécessiteuses, car toutes celles admises aux urgences, du moins l’écrasante majorité, méritent d’être aidée
s.


Avez-vous un message à l’adresse de la population?

Pour mon message à l’endroit de la population, j’exhorte tous les usagers de la route à respecter toutes les règles du code de la route pour éviter les accidents de la circulation en ces périodes des fêtes de fin d’année 2022. En vue d’une bonne prise en charge des victimes d’accident au cours de cette 6è édition de notre projet, je lance un appel pressant à toutes les bonnes volontés qui veulent bien nous accompagner financièrement ou matériellement à nous venir en aide, car sauver une vie, à travers différents dons, surtout dans le cadre de notre projet, est une source de bénédictions, c’est une autre manière d’exprimer notre patriotisme en faisant vibrer les fibres de solidarité. Merci et que Dieu bénisse tout un chacun de nous.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.