Sports-Etudes-Internat/ Centre Swallows, nouvelle dimension…

Le football quitte de plus en plus les rues pour les centres de formation au Togo. L’un des centres qui cristallisent aujourd’hui rêves, fantasmes, et nourrit le plus d’espoir pour l’avenir du football togolais reste sans conteste, Swallows. Neuf ans après sa création, cette « fabrique de stars » de demain, partenaire du célèbre équipementier Puma, franchit un palier dans son organisation et fonctionnement, avec la concrétisation de toutes les composantes qui fondent sa vision : sports-études-internat. Allier formation sportive et formation de l’humain, le nouveau défi.

Samedi 6 août 2022, 8h 35’, le centre Swallows plonge dans une effervescence sportive particulière. Le soleil de ce jour qui s’est difficilement levé peine à brûler les crânes, mais l’intensité de ses rayons suffit pour chauffer les nerfs de la myriade de gamins et adolescents venus forger leurs talents. Des jeunes, bien habillés, occupent les espaces dédiés aux pratiques de tennis, basketball et football. Les terrains des deux dernières disciplines sont les plus animés, mais le désordre y est absent, tous les mouvements se déroulent sous la férule d’encadreurs rigoureux, attentifs aux détails, remarquables par leurs capacités technique et relationnelle.

Entré par la petite porte située côté sud du centre, – l’entrée principale fermée du fait des travaux de construction en cours-, nous empruntâmes une petite allée séparant les terrains de basket et de tennis, et qui mène vers une étendue rectangulaire toute verte : le terrain de foot, la zone la plus peuplée du nid des Hirondelles de Kégué ce matin. Cette surface, il y a quelques mois, était un sol rouge et dur, souvent inondée dès la tombée d’une pluie peu ou prou persistante. Aujourd’hui, c’est une pelouse bien garnie, alliant densité, résistance et esthétique, avec un tapis végétal uniforme d’une hauteur de coupe d’à peine 25mm. La beauté de la pelouse, sa platitude et sa perméabilité apparente trahissent le lourd investissement consenti et le souci des promoteurs d’assurer la sécurité des joueurs.

Les entraînements ont débuté bien avant notre arrivée. Le terrain est parsemé de petits ateliers où s’exerce un vivier d’apprentis footballeurs au potentiel prometteur. Ces pensionnaires sont de presque toutes les catégories : U7 ; U9 ; U11 ; U13 ; U15 ; U17 et U19. « Ici, ce sont les débutants, ceux qui ne sont encore intégrés à aucun groupe », nous lance un encadreur en charge d’une dizaine de gamins au milieu du terrain. Non loin, le même atelier au féminin, sous les ordres d’une entraîneure.

« Ce matin, il s’agit de la pratique. Au cours de ces vacances, les équipes s’entraînent trois fois, le lundi, mercredi et samedi. Les deux premiers jours, le travail s’articule autour de thématiques précises, et le samedi c’est la mise en pratique pour évaluation », nous explique Maye Atchalmondom, l’un des encadreurs.

Tout ce spectacle riche en couleurs se déroule sous les regards attentionnés d’un public composé de curieux et de parents venus supporter leurs enfants. Le tout sous la supervision du maître des lieux.

Le centre de formation sportive, éducative et culturelle, Swallows, est dans cette routine depuis 2013 et couvre une multitude de sports dont le football, le basketball, le taekwondo, le maracana, le tennis. Les promoteurs, dès le départ, ont fondé leur philosophie sur un système d’excellence et de performance qui allie objectif sportif et objectif humain, basé sur le triptyque sports-études-internat.

Si les deux premiers axes ont déjà connu une parfaite concrétisation, le troisième, le plus exigeant, est resté un chantier en progressive construction. Mais dès l’année scolaire 2022-2023, le volet internat va rentrer dans sa phase d’exécution effective, pour faire de Swallows un lieu de vie où les jeunes peuvent s’installer pour plusieurs années, se sentir comme chez eux à la maison, dans une merveilleuse forteresse professionnellement encadrée.

Détection bien structurée

La marque de fabrique de Swallows reste l’art de bien manager, ce qui le distingue des autres centres de formation, et c’est d’ailleurs l’atout majeur qui aurait magnétisé l’attention du légendaire équipementier Puma qui en fait la 3è académie partenaire sur le continent africain. Au-delà des frontières du centre, plusieurs initiatives destinées à la promotion du football à la base au Togo sont portées par le centre Swallows, notamment le regroupement en association des académies de football (2AFoot), la tenue de sessions de formation des entraîneurs, l’organisation de diverses compétitions. Ici, tout est fait avec mesure, planification et méthode, sur fond d’un fervent engagement pour la construction d’un avenir assuré des pensionnaires. Pour donner une assise nationale au programme sports-études-internat, une tournée nationale de détection de jeunes talents est organisée, avec un quadrillage parfait du territoire.

Des ressources humaines qualifiées ont été mobilisées pour la cause à kpalimé, Atakpamé, Sokodé, Kara et Dapaong, avec le ralliement à chaque étape des villes environnantes grâce à une communication bien ficelée.

A en croire les explications de Florent Kataka, l’administrateur principal du centre Swallows, 35 jeunes garçons (les moins de 15 ans) sont retenus à l’issue de la tournée.

“Ceux-ci vont séjourner à Lomé du 7 au 14 août pour le grand camp de détection finale. L’objectif de ce programme est de trier les jeunes qui peuvent bénéficier d’une bourse sports-études-internat dès la prochaine année scolaire. Pas de nombre précis pré arrêté, c’est une bourse d’excellence destinée à tous ceux qui se seront démarqués véritablement. Il s’agit de donner la chance à ceux qui sont assez talentueux et qui sont surtout volontaires”, renseigne-t-il. Logiquement le processus de détection serait achevé depuis hier, mais parallèlement, les parents désireux d’insérer leurs enfants dans le giron de Swallows en ont la possibilité. « Sous conditions », précise l’administrateur.

Programme élargi, prise en charge totale

Swallows étant un centre multisports, le programme sports-études-internat n’est pas limité au football, il inclut le tennis et le basketball. Comme le confirme Florent Kataka : “C’est un programme assez élargi. Nous sommes dans l’approche développement et il faut donner la chance à tous les jeunes d’évoluer. Ce n’est pas tous les jeunes qui veulent jouer le football, et ce n’est pas tous les jeunes qui veulent faire aussi le tennis, mais quand tu as la capacité et la possibilité, tu pratiques donc tous les sports. Précisons qu’il y a des sports qui se complètent, quand un gardien de but vient faire du basketball, il apprend ce qu’on appelle la prise de balle. Vous voyez que la balle de basket est plus grosse et plus lourde. S’il arrive à la saisir dans n’importe quel sens, imaginez ce qu’il pourra faire avec une balle de foot”.

Mais c’est un secret de polichinelle, au bout du rouleau, peu vont réussir une carrière professionnelle, car les sports sont un milieu où il existe beaucoup d’appelés pour très peu d’élus. Le football professionnel est un milieu privilégié. Il peut garantir la notoriété, la gloire ainsi qu’une situation financière parfois (très) confortable. Les jeunes apprentis footballeurs rêvent tous de devenir « pro » à l’instar de leurs idoles. Mais ce secteur est profondément imprégné par la logique de marché. C’est un milieu très concurrentiel avec des enjeux économiques considérables. Seuls les meilleurs ou parfois les plus chanceux atteignent les sommets, et sur la route du succès se mêlent de nombreux obstacles qui peuvent rendre les rêves inatteignables.

La réussite scolaire devient alors une bouée de secours qui peut s’avérer très utile. C’est pourquoi Swallows se donne les moyens de créer toutes les conditions favorables à l’excellence aussi bien sur les terrains que dans les classes. Le programme sports-études-internat n’est donc pas pensé pour construire le pur talent sportif exclusivement, comme l’explique si bien l’administrateur du centre, Florent Kataka :

« Nous visons plus la performance sociale que la performance sportive, nous voulons construire l’humain, autour du pilier sport, qui véhicule toutes les valeurs sociales, les valeurs de l’olympisme. Ce serait un internement total, une pension complète : hébergement, restauration, suivi médical, scolarisation… L’encadrement est total, au-delà de la prise en charge officielle à l’école, Swallows va déployer des enseignants répétiteurs. Ceux-ci vivront avec les jeunes, seront là pour des cours de soutien. Un accompagnement jusqu’au bout. Il s’agit en fait d’une combinaison de tous les facteurs pouvant contribuer à faire d’un pensionnaire dans le futur un bon citoyen, un bon contributeur au développement de son pays ».

Des propos renchéris par Hugue Eric Johnson, président du Conseil d’administration de Swallows :

“Nous sommes dans la dynamique de valorisation des talents sportifs de notre pays. Aujourd’hui, coupler le sport à l’éducation est une obligation pour tout parent. Depuis toujours, des talents non découverts se sont éteints alors que nous courons dans tous les sens pour former des équipes nationales dans la majorité des disciplines sportives. Hier, il n’y avait pas de cadres adéquats pour former les jeunes. Swallows se joint donc aux structures existantes pour contribuer à l’éclosion des talents au Togo. Le programme qui va démarrer bientôt n’a qu’un seul objectif : former l’élite de demain pour un véritable essor du sport au Togo ».

Une noble mission qui a un intérêt public de par ses versants sociaux, mais que Swallows, tout comme toute autre structure partageant la même vision, accomplit sans partenaires, sans soutien du ministère de tutelle.

Perspectives de développement

Swallows s’est tracé des sillons de très grandes ambitions. Pour la mise en œuvre du programme sports-études-internat, Swallows a tissé un partenariat avec un lycée de la capitale, bien réputé pour la qualité de l’enseignement et distingué pour ses résultats scolaires remarquables. Mais dès l’an prochain, ledit programme sera délocalisé à l’intérieur du pays sur un site d’accueil hautement modernisé plus adapté à la grandeur de la vision. Un pan de cette vision se traduit par l’ouverture cette année du Collège privé laïc Swallows à Togoville, localité située à une cinquantaine de kilomètres à l’Est de la capitale, Lomé.

Faut-il le savoir, chaque joueur professionnel est le produit de plusieurs années de formations. Dans l’ombre de leurs aînés et devanciers, particulièrement en football, notamment Adebayor Shéyi, Kader Coubadja Touré, Abalo Dosseh, Agassa Kossi… et la tête pleine de rêves, des milliers de jeunes aspirent à faire leurs places dans un univers ultra compétitif. Le prestigieux centre Swallows, qui se hisse désormais dans une nouvelle dimension avec plusieurs atouts réunis, offre aujourd’hui l’un des cadres les plus adéquats à l’accomplissement des rêves des jeunes filles et garçons passionnés de sport, lesquels rêves sont partagés par des parents déterminés et qui font entière confiance à l’administration de Swallows.

Pour les heureux élus qui seront définitivement retenus pour le programme sports-études-internat, tout leur apprentissage sera inscrit dans une vie rythmée par le football, les études et le travail auprès des éducateurs.

Entre entraînements, devoirs, matches, leur quotidien sera fait de joies et de difficultés, et tout sera tourné vers deux objectifs : devenir footballeur professionnel en étant un citoyen accompli. Autrement, le défi que Swallows s’échine à relever à tout prix, en vue de participer à la construction d’un Togo inscrit au registre des grandes nations de sport.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.